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Parking de la gare maritime, 120 €/an pour les pendulaires. Et les Groisillons ?

À la lecture du panneau affichant les tarifs de la gare maritime, l’objectif de la municipalité de Lorient apparaît clairement : désengorger le parking de la gare maritime et repousser les usagers vers le parking de la place d’armes. Comment ? Parce que stationner à cet emplacement en période estivale est désormais cher, voire hors de prix si la durée de stationnement excède 4 jours. Les visiteurs de l’île sont clairement visés. L’alternative souhaitée par la municipalité lorientaise est de pousser les usagers à se garer au parking de la place d’Armes. Pourquoi pas, si l’option est attractive. Comparons donc les tarifs. 

Des tarifs à la semaine prohibitifs

La première heure de stationnement à la place d’Armes est gratuite contre 1,80 € à la gare maritime. Notons qu’une heure de stationnement pour quelqu’un qui se rend à Groix paraît bien court, et lui offrir une heure gratuite voire deux est ridicule. Même pas le temps de faire un aller et retour vers l’île. Trois heures à la place d’Armes coûtent 2,80 € contre 4,80 €, 12 heures à la place d’Armes coûtent 8,20 € contre 10 € à la gare maritime. Une semaine à la place d’Armes coûte 23 € (tarif spécial pour ceux qui se rendent à Groix) contre 50 € à la gare maritime. Pour cette durée et à ce tarif-là, le choix s’impose, d’autant que les horaires de bus de la ligne 112 reliant le parking de la place d’Armes à la gare maritime seront «aménagés en fonction des horaires de bateau » annonce la mairie de Lorient. Entendons l’argument, puisque Groix étant la seule île du Ponant à disposer d’un parking aussi près de l’embarquement, il faut gérer ce privilège qui connaît des limites. Mais alors pourquoi ne pas rendre la navette gratuite, comme elle l’est quand on vient de Groix pour aller à la gare SNCF ? Veut-on vraiment désengorger le parking de la gare maritime ou bien tirer quelques euros supplémentaires de la poche des visiteurs encombrés de leurs bagages ?

Le silence de la municipalité de Groix

Reste donc la question des Groisillons et des usagers pendulaires qui prennent le bateau chaque matin pour aller travailler sur l’île et le reprennent le soir dans l’autre sens. Si rien n’était prévu pour leur situation d’usager régulier, ils auraient à débourser 9,20 euros par jour, tarif prévu pour 10 heures de stationnement. Lors du conseil municipal de Lorient du 27 mai dernier, l’adjointe aux Transports, Laure Dechavanne, a assuré que des abonnements leur seront proposés et des places réservées aux abonnés. Ses propos ont été confirmés par le maire, Fabrice Loher, en séance. Mais à quel tarif ? À quelques heures du passage au payant, rien n’est affiché, publiquement en tout cas, ce qui en dit long sur l’intérêt que portent ceux qui nous gouvernent à la vie quotidienne de leurs administrés.

Selon nos informations recueillies à la mairie de Lorient, un abonnement sera proposé aux pendulaires pour un montant de 120 euros par an, soit 10 euros par mois. Des discussions ont eu lieu entre la mairie de Groix et la mairie de Lorient pour mettre au point des tarifs pour les autres usagers réguliers. Rien n’a filtré sur le résultat de ces discussions. 

Rappelons que les élus d’opposition réclament depuis plusieurs mois que des tarifs d’abonnement les plus bas possibles soient réservés aux Groisillons de manière à ne pas augmenter trop lourdement le coût du transport. Une demande qui a été relayée par les élus d’opposition du groupe Lorient en commun après concertation avec L’Avenir de Groix lors du conseil municipal lorientais du 27 mai dernier. Elle a été accueillie favorablement par le maire de Lorient. Rappelons également que nous demandons en outre que la gratuité du stationnement soit accordée aux usagers groisillons qui se déplacent pour des soins médicaux lourds, que des tarifs spéciaux soient étudiés pour les familles des îliens qui leur rendent visite plusieurs fois par an, et qu’enfin, cette grille tarifaire soit expérimentée durant un an, à l’issue duquel des ajustements seront opérés en concertation avec les usagers. 

Qu’en pense le maire de Groix ? A quelques heures de l’entrée en action des bornes de péage, nous n’en savons toujours rien…

a quoi sert le conseil departemental

C’est une élection que la presse parisienne et les grands médias nationaux ignorent. Le scrutin départemental des 20 et 27 juins prochains ne les intéresse pas, alors que les élections régionales fixées à la même date encombrent les Unes de nos grands journaux, qui y trouvent les grands duels politiques qu’ils affectionnent. Au point que, fort justement, l’hebdomadaire Marianne (journal dans lequel l’auteur de ces lignes a écrit durant de longues années) a récemment titré « Elections départementales, pourquoi tout le monde s’en moque ». « Parce que Paris n’est pas concerné, donc la presse non plus » a répondu de manière tout aussi pertinente le magazine, tout en citant Dominique Bussereau, président de l’exécutif de Charente-Maritime : « Vous exagérez, on en parle tous les jours dans la presse locale ! »

Eh oui ! Ouvrez Le Télégramme ou Ouest France et vous tomberez chaque jour sur des échos de cette campagne oubliée à Paris mais qui nous concerne tous, ici, en Bretagne, à Lorient comme à Groix. Et ça n’a rien d’étonnant, car le département est l’espace administratif et politique le plus proche des citoyens, le lieu même de la recherche de la proximité entre l’État et le citoyen. Là où les politiques conçues par l’État comme la solidarité via le RSA, l’allocation personnalisée d’autonomie pour les personnes âgées ou encore l’Aide sociale à l’enfance sont mises en œuvre au plus près des besoins des citoyens. Le pilotage de la construction des collèges, de leur entretien et de leur équipement informatique lui est confié. Tout comme l’équipement rural, la gestion de l’eau ou l’aménagement foncier. Toutes missions qui pour être mises en œuvre réclament la connaissance fine des besoins tout en se situant à une échelle administrative et politique telle que les moyens sont au rendez-vous. Alors, Paris peut bien ignorer ce scrutin, les Morbihannais, les Finistériens, tout comme les habitants de Loire Atlantique, de Moselle ou de l’Hérault et ceux de tous les autres départements savent que les enjeux sont essentiels à leur vie quotidienne.

D’autant plus qu’à y regarder de plus près, les compétences des Conseils départementaux ne se limitent pas à ces grandes missions classiquement reconnues que nous venons de citer plus haut. Il faut y ajouter des compétences dans le domaine de la sécurité civile, en matière d’itinéraires cyclables, dans les politiques d’accueil des touristes, la défense contre l’érosion maritime. Il lui a aussi été confié une mission peu connue du grand public et qui pourtant joue un rôle déterminant dans la vie des communes qui est celle de l’assistance technique obligatoire aux projets locaux de voirie, d’aménagement et d’habitat. Enfin, c’est au niveau du département que l’accès à la culture des jeunes est facilité tout comme l’est l’accès aux soins des addictions. Une fois encore l’esprit de proximité souffle à l’échelon départemental.

A lire cette énumération des compétences, on voit bien que le Conseil départemental n’est pas qu’une structure administrative. Il est fondamentalement politique. Moyennant quoi le choix par les électeurs d’une liste plutôt qu’une autre en fonction de son programme n’a rien d’anodin.

La liste Lorient-Groix en commun, issue d’une union de la gauche et des écologistes que l’Avenir de Groix a choisi de soutenir en y présentant notre élue municipale Marie-José Mallet comme remplaçante de Rosenn Métayer en est la preuve. Elle se démarque de la liste de la droite et du centre en ce sens qu’à une gestion comptable des moyens du département revendiquée par la droite, elle oppose une ambition s’appuyant sur les besoins des citoyens, dans tous les domaines de compétence du département, de l’action sociale à l’action culturelle en direction des jeunes en passant par le développement des itinéraires cyclables. Voilà une énorme différence. Le conseil départemental sortant présidé par François Goulard se flatte d’avoir épargné 55 millions d’euros sur la gestion courante du département. Est-ce bien le rôle d’un département que d’épargner ? La même critique que nous élus d’opposition de Groix avons adressée au maire de notre commune Dominique Yvon est portée par Lorient-Groix en commun au niveau du département. Que de choses aurions-nous pu faire de ces 55 millions sans pour autant mettre le département en péril !

Pour toutes ces raisons, les 20 et 27 juin prochains, il faudra voter pour l’élection départementale, et tant pis si depuis Paris « on se moque » de ce scrutin comme l’a rappelé Marianne.

Dans de prochains articles à venir nous reviendrons bien entendu sur le détail des propositions de la liste Lorient-Groix en commun emmenée par Damien Girard et Rozen Métayer avec Chafik Hbila et Marie-José Mallet comme remplaçant-e-s.