Archives de catégorie : politique générale

Transports maritimes : une Délégation de Service Public sans le public

Dans quelques semaines, la DSP (Délégation de services publics) accordée en 2014 à Transdev-Compagnie océane (ancienne Veolia Transport) sera renouvelée à… Transdev-Compagnie océane. La compagnie maritime l’a annoncé dans un communiqué avant même que le conseil régional de la Région Bretagne n’ait confirmé le choix lors de la séance du 7 novembre prochain. Depuis le 24 mai dernier, Transdev était en concurrence avec Brittany Ferries qui manifestement n’a pas convaincu. Comment s’est opéré le choix ? Quel cahier des charges a été proposé ? Les besoins des populations de Groix, de Belle-Ile, de Houat et de Hoëdic ont-ils été pris en compte ? Que deviennent les demandes et propositions du personnel de la compagnie océane dont le syndicat CFDT aurait préféré l’autre candidat « un véritable armateur » estime-t-il (Ouest France le 31/10) ? Rien n’a filtré du côté de la région malgré les demandes répétées des élus de tout bord. 

Secret militaire?
Tout se déroule depuis le début de l’année 2022 dans l’opacité la plus épaisse comme si la question du transport maritime entre le continent et les îles relevait du secret militaire. Pis, ni le public ni le personnel n’ont été consultés, ou tout juste pour la forme à travers un questionnaire minimal et sans suite . Et si l’on en croit notre maire Dominique Yvon qui l’a affirmé en réponse aux questions répétées de l’opposition, même les élus locaux n’ont pas été sollicités de manière constructive. De lui-même, sans s’appuyer sur les usagers qui n’ont pas été consultés, il a pris l’initiative d’adresser un courrier au président de la Région contenant une quinzaine des demandes touchant principalement aux tarifs. A-t-il été entendu ? Mystère.

Tout cela montre en fait qu’aucune leçon n’a été tirée du mouvement de 2014 lorsque la population des îles du Morbihan s’est dressée contre la DSP. Comment peut-on imaginer mettre en place une délégation de service public sans le public ? 

Si nos élus avaient écouté les usagers et les marins, ils auraient détecté, par exemple, ce qui nous semble être deux problèmes majeurs à traiter dans la nouvelle DSP. En premier lieu, il s’agit des conditions de transport des marchandises qui impactent lourdement la vie économique de l’île. Jadis les entreprises locales bénéficiaient d’un tarif insulaire et préférentiel. Pourquoi n’en bénéficient-elles plus aujourd’hui alors que le volume et la nature des marchandises ne cessent d’évoluer sur un Breiz Nevez inadapté à ces conditions contemporaines et à la flambée des prix ? 

En second lieu nous pensons que la sécurisation des rotations par la disponibilité réelle d’un bateau de réserve en cas de panne n’est pas assurée. Pour preuve, voici le récit d’un incident survenu durant le week-end de l’Ascension 2022 au cours duquel plusieurs milliers de passagers auraient pu rester à quai. 

Le St-Tudy en réserve mais en panne depuis 2 ans

Les deux îles de Belle-Ile et de Groix disposent chacune d’un bateau de réserve, l’Ile de Groix  pour la première et le St-Tudy pour la seconde. Si l’Ile de Groix  est opérationnel (il vient en renfort du Breiz Nevez sur la liaison Groix-Lorient aux périodes d’affluence), il en va tout autrement du St-Tudy à quai depuis deux ans pour cause de réparation. Ce qui veut dire qu’en cas de panne d’un des bateaux desservant régulièrement une île, le bateau de réserve prend le relais. Et si le bateau de réserve est en panne, les liaisons s’arrêtent. Il s’en est fallu d’un cheveu pour que ce scénario noir se noue le week end de l’Ascension. Les élus locaux ont-ils crié au scandale dans la presse locale ? Non. Selon nos informations c’est d’ailleurs à ce type de discrétion qu’ils doivent leur peu d’influence auprès de la Compagnie, à la différence des élus de Belle-Ile qui ne manquent jamais une occasion de monter publiquement au créneau. « On a l’impression que tout se décide à Belle-Ile » nous confié un capitaine habitué de la liaison Groix Lorient. 

Que s’est-il donc passé ?  Le bateau régulier de Belle-Ile, le Bangor connaissait depuis quelques temps une panne intermittente due à une pièce défectueuse. Pour assurer le bon fonctionnement du Bangor (24000 passagers sont attendus pour ce pont de mai), deux jours avant l’Ascension, il a été décidé de prélever une pièce de remplacement sur l’Ile de Groix(IdG)  qui en échange recevrait la pièce capricieuse, malgré les réticences du capitaine de l’IdG. Ce qui fut fait, alors que l’IdG était en service sur sa ligne pour cause d’affluence cette semaine-là. Le premier jour la pièce tient, le second elle commence à tousser, et le soir du jeudi de l’Ascension, elle tombe sévèrement en panne. A lui seul le Brez Nevez ne peut assurer le passage des 12000 personnes prévus sur 4 jours. La compagnie océane est dans l’impasse. Il aura fallu un coup de génie du chef mécanicien pour que, contre toute attente, une réparation fiable soit effectuée. Le public ne s’est aperçu de rien, le scandale a été évité. Mais à ce jour le St-Tudy n’est toujours pas opérationnel. Et le public toujours à la merci d’une catastrophe. 

Et c’est à une compagnie qui laisse un bateau de réserve en souffrance au mépris de la continuité du service public qu’on va confier la nouvelle DSP ? Rendez-vous le 7 novembre prochain au Conseil Régional de Bretagne où le public découvrira enfin l’ensemble du dossier. 

Eoliennes offshore. la contestation se lève à Groix

L’affiche annonçait la couleur : « Eoliennes au large de Groix et de Belle-Ile, un projet contestable, réunion publique le 1er octobre ». 

 Le débat a tenu ses promesses ce samedi en début de soirée. Une centaine de personnes particulièrement attentives ont suivi deux heures durant les informations délivrées par les deux associations organisatrices, Horizon Groisillon (qui compte  dans ses rangs plusieurs élus de l’opposition municipale) et les Gardiens du large ainsi qu’une Fédération de Quiberon et de de Belle-Ile (1).

 Pour nombre de participants qui l’ont ainsi exprimé, ce qu’ils ont appris ce soir-là a fait l’effet d’une révélation. Les projets de parcs éoliens – des « usines » ainsi qualifiés par les Gardiens du large – sont-ils la bonne réponse aux besoins énergétiques croissants et à la crise de la production ? Ces machines aujourd’hui parées de tant de vertus écologiques le sont-elles vraiment ? À ces deux questions les Gardiens du Large répondent radicalement non tant le rendement de ces monstres de 260 mètres de haut leur paraît faible (34% de disponibilité disent-ils basant leur calcul sur le rendement des éoliennes terrestres, 48% disent les promoteurs du projet) et le recours aux métaux rares pour les fabriquer destructeur de l’environnement.

La technologie flottante choisie est-elle utilisée au mieux de ses avantages pour satisfaire les exigences de tous les acteurs concernés, pêcheurs, marins civils comme militaires, plaisanciers, riverains ? Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi un emplacement si proche des côtes groisillonnes et belle-îloises sans tenir compte des conclusions du débat public pourtant organisé à grand renfort de promesses d’une concertation véritable ? Comment infléchir le projet ? ÀA ces deux autres questions Horizon Groisillons répond qu’avoir recours à la technologie flottante pour implanter les machines si près du littoral est un triple gâchis tout en ruinant un paysage exceptionnel. Gâchis technologique parce que ce système permet de repousser les machines jusqu’à 70 km des côtes, ce qui les ferait disparaître de l’horizon tout en leur offrant des vents plus puissants et plus réguliers. « Repousser les éoliennes le plus loin possible n’est pas une vue de l’esprit, affirme Horizon groisillon, appuyé dans sa demande par le Conseil national de la protection de la nature, la Commission nationale de site et France Nature Environnement. Gâchis environnemental puisque plus on s’éloigne des côtes et moins la mer est poissonneuse, ce qui diminue d’autant les risques d’atteinte à la faune marine ; et enfin gâchis financier puisque l’État investira deux fois plus d’argent que s’il avait choisi l’éolien posé comme à Saint-Nazaire ou St-Brieuc sans en retirer tous les avantages. 

Il est donc apparu que les deux associations ont deux approches différentes mais néanmoins complémentaires. Horizon Groisillon défend une approche pragmatique en s’appuyant s la puissante volonté politique nationale et européenne de développement des énergies renouvelables. À l’inverse, les Gardiens du large, dont les responsables affichent leur CV d’ingénieurs issus des grandes écoles, remettent en cause les fondements mêmes des éoliennes en puisant dans leur culture scientifique, sans pour autant apporter d’alternative autre que le développement du nucléaire et les initiatives locales. L’association des deux a permis de remettre en cause le discours officiel qui, s’appuyant sur des photomontages biaisés, laisse croire que l’impact visuel des 62 éoliennes hautes de 260 mètres sera négligeable. Or, il n’en sera rien, preuve en est la sortie de mer bien réelle du parc de la baie de Saint Nazaire qui provoque la consternation des populations riveraines et des élus locaux tant ils ont le sentiment qu’on leur a menti sur la réalité de la pollution visuelle.

Que faire donc alors que la zone d’implantation vient d’être précisée par le gouvernement, plaçant les éoliennes à 28 km de Groix et à 19 km de Belle-Île ? Horizon Groisillon propose de faire connaître aux députés l’opposition des populations locales au projet à l’occasion du débat sur la loi d’accélération des énergies renouvelables, et de convaincre les élus locaux qui se laissent encore bercer par le discours officiel de l’absurdité du projet actuel qui aura tous les inconvénients de l’éolien posé sans profiter des avantages de l’éolien flottant pour un prix deux fois supérieur. 

  1. Avec le soutien et la participation de la Fédération des associations de Protection et aménagement de la baie de Quiberon, des îles et du Grand site dunaire.

 

Solidarité Ukraine

L’association L’avenir de Groix souhaite manifester son soutien à toutes les actions de solidarité avec le peuple ukrainien. À ce titre nous vous rappelons que l’association Cinéf’îles propose ce mercredi 16 mars à 20h30 une projection spéciale du film Frost, au tarif unique de 7 € et dont la recette sera reversée à la Croix rouge pour l’Ukraine. La MSAP recueille les dons de denrées et de médicaments jusqu’au 31 mars. L’association Modern Strouilh, quant à elle, centralise les dons de vêtements chauds (femmes et enfants).

À cette triste occasion nous souhaiterions également évoquer le fait que le conflit actuel en Ukraine n’est malheureusement pas le seul à travers le monde, tant s’en faut. Les conflits armés internes ou externes sont nombreux, certains depuis si longtemps, ou bien encore si loin, que l’on finit petit à petit par les oublier… ou pire… par s’y habituer. Souhaitons qu’il n’en aille pas de même pour celui-ci et que… pourquoi pas… rêvons, il sera l’occasion d’une reprise de conscience généralisée.

Cette bataille-là n’est pourtant pas gagnée. Nous en voulons pour preuve les tris infâmes effectués parmi les réfugiés ukrainiens à la frontière de la Pologne ou ailleurs, selon la couleur de peau, l’origine ou encore la religion, et dont plusieurs organes de presse se sont fait l’écho depuis le début de l’exode.

Pour terminer sur une note plus optimiste, partant de la phrase de Paul Valery « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » nous souhaiterions porter un message d’espoir et de paix en rappelant que partout dans le monde des gens se lèvent et agissent pour exprimer leur solidarité et faire cesser les atrocités commises aux dépens de gens qu’ils ne connaissent pas, et ce même dans les pays des agresseurs, y compris au péril de leur liberté et de leur propre sécurité. À ces femmes et ces hommes aussi nous exprimons notre soutien.

Liens utiles

Amnesty international

Croix rouge

Le Mouvement de la Paix

Secours populaire français

Faisons de Groix un modèle de territoire cyclable

Et si Groix devenait le paradis du vélo ? C’est possible, d’autant plus rapidement que des aménagements ont déjà été réalisés, insuffisants certes, mais réels. Pour parvenir à ce qui permettrait – enfin – aux cyclistes, aux touristes-cyclistes, aux piétons et aux automobilistes de cohabiter en particulier durant les périodes de forte affluence, l’île dispose de ressources que bien des territoires nous envient. Les innombrables chemins de traverses, tous plus accueillants les uns que les autres pourraient apporter les chaînons manquants au réseau actuel, constitué aujourd’hui presque uniquement de routes asphaltées et étroites co-utilisées par des véhicules à moteur. Mais voilà, cet idéal de mobilités douces, nous n’y sommes pas encore, faute d’aménagements, en dépit des plans successifs de 2008 puis de 2015 visant à développer des itinéraires cyclables.

Le moment est venu d’infléchir la manière d’aborder cette question importante des itinéraires cyclables à Groix. Pour deux raisons : d’une part parce que 1,7 kilomètre de piste cyclable est sur le point d’être aménagé à grands frais (900.000 euros le kilomètre) le long de la départementale D202 (autrement dit le long de la route d’Intermarché) en direction des Grands Sables et de Locmaria; et, d’autre part, parce que l’Agglo vient de voter le principe d’une modification du schéma cyclable pour 2022 avec financements à la clé, sur demande de la municipalité et de son maire, ce qui paraît une bonne idée. Sauf qu’à part quelques élus privilégiés de la majorité, aucun habitant n’était au courant. Et surtout, aucun usager n’a été consulté sur le nouveau plan jusqu’à ce jour, afin de permettre de l’adapter aux besoins réels. 

Pour les Groisillons, cyclistes ou non, une occasion se présente pourtant de faire connaître leur point de vue : il reste en effet quelques jours pour participer à l’élaboration du baromètre des villes cyclables organisé par la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette). Ce baromètre existe depuis 4 ans et connaît un accueil grandissant dans le public. Il constitue un outil efficace pour négocier des améliorations avec les communes. Pour y participer, il faut répondre à un questionnaire composé d’une trentaine de questions portant sur la sécurité des itinéraires, leur étendue, les équipements en matière de stationnement, le recensement des points dangereux, etc. 

DATE LIMITE POUR PARTICIPER : le 30 novembre 2021

Contribuer est important, car ne seront publiés que les résultats des communes dont le nombre de participants est supérieur à 50. À Groix, à ce jour, nous n’en sommes pas loin, mais la participation reste encore insuffisante. C’est donc le moment ou jamais de répondre au questionnaire.  

Pour ce qui nous concerne, sans attendre les résultats de l’observatoire, nous, élus d’opposition et membres de l’Avenir de Groix, travaillons à un diagnostic de la situation cyclable assorti de propositions. Nous souhaitons associer toutes les bonnes volontés qui voudront bien apporter leur contribution à l’élaboration d’un projet d’île cyclable correspondant aux besoins réels des utilisateurs. Si vous êtes intéressés, faites-le nous savoir par l’intermédiaire de la messagerie de ce site. Nous prendrons rapidement contact avec vous pour mettre en place un groupe de travail sur le thème des mobilités douces. À bientôt donc.

Chers vélos !

Samuel, un de nos concitoyens, s’est adressé récemment à un certain nombre d’élus et de responsables des transports locaux au sujet du tarif appliqué aux vélos par la Compagnie Océane. Auparavant il avait conduit une enquête à laquelle 57 cyclistes détenant une carte insulaire ont répondu.

Les résultats de cette enquête montrent que le tarif pratiqué au moment de l’enquête (2,50 € par passage) était dissuasif pour presque 8 personnes sur 10, et que 96 % des personnes passent leur vélo entre 0 et 10 fois par an, soit moins d’une fois par mois.

Nous avons bien pris note qu’en cette nouvelle année, le tarif appliqué a été abaissé à 1,50 €. Louable mesure. L’auteur de l’enquête attire cependant l’attention des élus et des différents responsables sur le fait que le passage des vélos est d’ores et déjà gratuit sur les Batobus de Lorient Agglomération et les TER de la Région Bretagne.

Pour notre part, nous ajouterons que si 1,50  € paraît une somme modique à certains décideurs, elle n’en augmente pas moins le coût du passage d’environ 50 % pour les insulaires, ce qui est considérable, notamment pour des personnes qui voudraient utiliser ce mode de transport pour se rendre chaque jour à leur travail en prenant le bateau dans un sens ou un autre.

Pourquoi la Région Bretagne qui applique, à juste titre, la gratuité sur ses TER, inflige-t-elle ce surcoût supplémentaire aux insulaires déjà lourdement pénalisés par ailleurs, du fait des coûts de transport maritime ?

Enfin, nous nous interrogeons sur la volonté des décideurs de favoriser l’adoption de modes de transports plus respectueux de notre environnement. Ce « grattage mesquin », tout en pesant sur nos concitoyens, en particulier les plus modestes, n’est vraiment pas à la hauteur des enjeux de notre époque.

Groix attire quand Lorient se vide…

…et les équipements ne suivent pas.

Groix attire. Et pas seulement des résidents secondaires qui, selon les chiffres du dernier recensement publié par l’INSEE fin décembre 2020 et établi grâce à des données recueillies en 2018, occupent désormais 52% des habitations de l’île. Groix attire, mais ne nous emballons pas, notre île n’est pas envahie par des vagues de jeunes couples en quête d’un avenir professionnel. Mais les chiffres tirés du recensement l’attestent, de 2012 à 2017, la population de Groix la petite île a augmenté de +0,4%, à la différence de Lorient, le cœur de l’agglo, qui durant la même période a vu sa population diminuer de -0,3%. Autrement dit quand d’aucun comme Loïc Tonnerre, conseiller communautaire appelle à une diminution des investissements en matière d’équipements et d’infrastructures (le Télégramme du 2/01/2021) s’appuyant sur la perte de vitesse de la métropole, il faut au contraire tenir compte de la disparité des 25 communes qui composent l’anglo. Et porter son regard vers la démographie de l’agglo dans son ensemble, qui grâce à la vitalité de communes comme Groix ou même Guidel (+2,4% de 2012 à 2017) réussi à progresser de +0,3% sur la période de référence.

Au-delà de la légitime fierté que ces variations peuvent apporter, que révèle plus en détail ce recensement sur la vitalité de notre île et que pouvons-nous en déduire pour construire les projets d’avenir ?

De plus en plus de jeunes couples

À y regarder de plus près, si de 2007 à 2017 le nombre de jeunes enfants et d’adolescents ne cesse de baisser doucement, l’érosion se ralentit au fil des années. A cet égard, douze naissances ont été enregistrées en 2016, trois en 2018, et treize en 2019 (dix-sept en 2020 selon les informations communiquées par la Mairie). Grâce à ce rebond sensible, le taux de natalité moyen annuel a été porté à 9,8 de 2012 à 2017 (il était de 20,7 de 1968 à 1975), un chiffre néanmoins insuffisant pour compenser la mortalité (10,7 de 2012 à 2017). Voilà donc une des informations importantes de ce recensement : de jeunes couples s’enracinent ou s’installent pour y fonder une famille, ce que nous percevions au fil du temps sans le mesurer. 

Dans le même temps, la population d’habitants dont l’âge est compris entre 60 ans et 74 ans progresse à vive allure (+7,3% de 2007 à 2012 et +16% de 2012 à 2017). Deux raisons à cela : d’une part la population résidant à l’année vieillit et d’autre part une nouvelle population de retraités revenus au pays ou venus d’ailleurs vient grossir le nombre d’habitants.

Vite, des équipements pour les jeunes ménages

Quelles conclusions tirer de ces chiffres indigestes à première vue ? La population de l’île vieillit, c’est flagrant. De ce point de vue, l’évolution a été prise en compte par l’équipe municipale en place de 2001 à 2014, via  le choix des projets d’infrastructures et les réalisations : nouvel EHPAD, construction d’une maison de santé accompagné d’un personnel médical important, maison du troisième âge. Mais à l’autre bout de la pyramide des âges, si l’on veut conforter la tendance, il faut que les jeunes couples puissent disposer d’équipements leur permettant de vivre en famille, de logements à des prix abordables, de places de parking accessibles à Lorient, de places de crèches, de halte-garderies, d’espaces publics de jeux, etc. Et là le compte n’y est pas, loin s’en faut.

Qu’on ne s’y trompe pas. S’intéresser de près à ces évolutions et les faire connaître le plus largement possible est particulièrement important, en particulier pour peser sur les choix d’investissement de l’Agglo de Lorient. Une réaction politique, celle de Loïc Tonnerre, conseiller communautaire et municipal de Ploemeur, ancien délégué à l’urbanisme de sa commune lors de la précédente mandature et vice-président du SCOT (Schéma de cohérence territoriale) de 2014 à 2020, nous a particulièrement inquiétés. La faiblesse de la croissance de la population de Lorient et de son agglomération  « devrait conduire à réviser le SCOT. Les chiffres retenus en 2014 sont inadéquats quand le taux de progression a été fixé à 0,5% » a-t-il déclaré dans le Télégramme du 2 janvier dernier. En clair, il faut réduire la voilure, construire moins de logements sociaux, créer moins de places de crèche, réduire l’offre de transport, etc.

Groix, une exception démographique dont il faut tenir compte

Or, face à l’évolution négative de la population du cœur de de l’Agglomération de Lorient, Groix, à l’instar de Guidel et Lanester, fait figure d’exception, peu visible jusqu’à présent, faute d’une communication appuyée de la Mairie, dans l’enceinte de l’Agglo où elle siège, comme dans les médias. Il serait catastrophique pour les habitants de l’île que notre singularité démographique disparaisse dans la globalité de celle de l’Agglo. Derrière ces statistiques arides se joue en réalité notre avenir.

Au pays de Covid-19 UBU est bien roi !

D’après un article du Monde, « le gouvernement a annoncé vendredi soir que les rayons livres et culture des grandes surfaces alimentaires et spécialisées seraient « momentanément fermés dès ce soir », par « souci d’équité entre grandes surfaces et les librairies indépendantes ». ».

Si je comprends bien la logique de ces dernières décisions ajoutées à celles prises initialement, concernant le type de commerces qui peuvent demeurer ouverts :

  • il ne faut pas faire de concurrence déloyale aux libraires ;
  • mais les disquaires qui existent encore (il ne doit plus y en avoir beaucoup) peuvent bien finir de crever ;
  • la littérature est un élément de culture indispensable ;
  • mais pas la musique ;
  • il est indispensable de pouvoir changer son smartphone ;
  • mais on ne peut pas faire réparer sa guitare chez le luthier du coin, car, tout le monde peut l’imaginer, le luthier du coin est bondé comme une rame de la ligne 13 du métro parisien à 8h00 du matin ;
  • etc.

Mon propos n’est pas d’opposer les objets et pratiques d’épanouissement culturel et il en est d’ailleurs bien d’autres comme les films, les jeux, les activités manuelles et/ou artistiques, et j’en passe. J’ai beau essayer de comprendre la logique des décisions prises et leur enchaînement, je ne perçois que l’image d’un poulet sans tête qui zigzague de façon erratique (il faut bien reconnaître que sans tête ce n’est pas facile).

Car enfin, où se trouve la logique qui consiste à demander aux gens de s’enfermer chez eux tout en leur coupant l’accès au biens culturels qui permettraient de rendre plus supportable, utile, voire salutaire pour leur santé mentale, le long temps qu’ils passent ainsi confinés ?

Les libraires ont eu raison de se révolter. Mais au lieu de tirer la conclusion qu’il est peut-être non seulement contre productif, voire dangereux, de couper l’accès à la culture et que, après tout, les libraires ne sont pas plus bêtes que les autres pour organiser le respect des règles sanitaires, ne voilà-t-il pas que nos dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que la mise sous scellés façon Christo des rayons concernés des grandes surfaces. Je me demande ce qu’ils n’ont pas compris dans le mot « confinement »… à moins que le mot leur soit connu mais pas le concept sous-jacent.

La façon dont ces décisions sont prises à chaque fois sous la pression de tel ou tel lobby, ou encore en réaction à tel ou tel événement ponctuel, sans que jamais la vision d’ensemble ne soit questionnée rappelle étrangement ce jeu avec les petits clowns plats qu’on accrochait les uns aux autres ; comment s’appelait-il déjà ? Ah oui… Patatras !

Mise à jour 5 novembre : les règles ont encore changé ; elles changent d’ailleurs sans arrêt entre les décrets modificatifs et les erreurs d’interprétation de ceux qui les appliquent. La conclusion ci-dessus n’en est donc que toujours plus vraie, hélas.

Enquête : Que fait votre collectivité pour la mobilité ?

La rédaction de la Gazette des communes, en partenariat avec Transdev, réalise une enquête sur l’organisation de la mobilité dans les collectivités. Le questionnaire est accessible en ligne pour tout un chacun.

Malheureusement il apparaît dès le début de la lecture que ce questionnaire s’adresse à celles et ceux qui « exercent une fonction » au sein d’une collectivité. Est-ce à dire, une fois de plus, que ceux qui nous gouvernent, quel que soit l’échelon, savent pieux que les usagers ce qui est bon pour eux ?

Ce serait le moment où jamais de prendre la parole mais comment s’organiser pour en discuter ensemble, avant ? Comment traiter le sujet d’ici le 31 mars 2021, date à laquelle les communautés de commune doivent se prononcer sur le transfert de la compétence mobilité ? Il serait en effet opportun que les véritables besoins de la population soient remontés via cette enquête par nos élus, plutôt que des opinions non étayées par une véritable consultation et plus ou moins pilotées par les préoccupations financières (ou autres) du moment.

On pourrait croire au titre de l’enquête que ce débat n’a rien à y faire et qu’il s’agit de fournir uniquement des réponses factuelles sur les moyens actuellement mis en œuvre ; sauf que, dès la première question, il est demandé à nos édiles de se prononcer sur le fait de savoir si les habitants de leur collectivités « privilégient les transports publics dont l’empreinte carbone est faible », « sont globalement satisfaits de la qualité des transports publics » ou encore « sont plus réticents à prendre les transports publics depuis la crise sanitaire ».

On voit donc bien que, faute de s’exprimer, les groisillons ne verront pas de réponses apportées à ces questions, en ce qui les concerne, ou pire… des réponses qui ne correspondent pas à ce qu’ils pensent.

Article modifié le 30/10/2020