Deviner l’avenir a travers la routine d’un conseil municipal banal

Sous les allures d’un ordre du jour de conseil municipal routinier, il arrive parfois que se cachent des sujets importants pour l’avenir de Groix. Comme s’il s’agissait d’un jeu de piste à l’usage des élus d’opposition et des citoyens de Groix qui ne sont pas dans le secret des dieux. Voilà qui résume bien la séance du 13 octobre dernier qui s’annonçait de pure routine avec ses passages obligés en matière de validation des mouvements comptables à l’intérieur du budget communal et d’informations légales. Comment se sont révélés les enjeux masqués de cet ordre du jour en apparence plan-plan ? Tantôt l’actualité a bousculé l’ordre prévu des choses, tantôt les échanges en cours de Conseil, ou parfois les interventions de l’opposition que nous sommes, notamment à l’occasion des questions diverses. Voici ce qu’il faut retenir d’essentiel de ce conseil concernant la vie de la commune.

 1 – Quel avenir pour le VVF de la plage des Grenats ?

Avec ses 40 logements et ses 211 lits, le VVF (Village Vacances Familles) dispose de la plus grosse capacité hôtelière de l’île. La commune étant propriétaire du terrain, son rôle est donc essentiel dans l’avenir du site. Situés dans un cadre exceptionnel qui à lui seul devrait assurer leur attractivité, les locaux n’ont pas bénéficié de l’entretien qui leur aurait permis de se maintenir aux normes contemporaines des structures de vacances familiales. Le bail qui lie le VVF à la commune arrive à échéance et a déjà été prolongé d’un an l’an dernier en vue de trouver une solution pour pérenniser le lieu et son exploitation, ou l’abandonner, tant les travaux de rénovation paraissent importants, d’où l’urgence de tout remettre à plat. Il est à noter que jusqu’en 2020, aucun loyer, qui aurait pu permettre l’entretien des lieux, n’avait été demandé à VVF par la commune, ce dont nous nous étions étonnés lors du Conseil du 20 décembre 2020.

La Caisse des dépôts, prête à soutenir financièrement un projet de relance du site, a mandaté un cabinet parisien spécialisé pour élaborer différents scénarios. Les résultats de l’audit devaient être communiqués en juillet dernier. Le hasard faisant bien les choses, ils l’ont été le matin même précédant le conseil lors d’une réunion à laquelle l’opposition a été conviée. Moyennant quoi d’une simple décision de prolongation du bail de trois mois comme annoncé, des informations essentielles pour l’avenir du site ont été échangées.

Qu’est-il ressorti de cette réunion qui a fait l’objet d’un bref compte rendu par le Maire lors du Conseil municipal ? Compte tenu des possibilités très limitées d’extension, du fait des contraintes d’urbanisme, le scénario de maintien de la nature du site tout en lui offrant une remise à niveau conséquente pour le rendre attractif semble le plus vraisemblable. Et ce d’autant plus qu’un consensus s’est dégagé au sein du Conseil municipal sur l’objectif de préservation du caractère familial de la clientèle du site, dont les élus, de la majorité comme de l’opposition, souhaitent que la commune garde la propriété. Sur cette base, un appel d’offres va être lancé auquel participera VVF. Pour en suivre le déroulé, une commission a été créée à laquelle participeront des élus issus de la majorité et un élu de l’opposition ainsi que des experts venus du monde du tourisme. En séance, nous nous sommes réjouis de cette méthode de travail qui vise à réunir toutes les compétences dont dispose la commune pour construire un projet au mieux des intérêts collectifs. Nous réclamons depuis le début de la mandature et à chaque fois que l’occasion s’en est présentée ce type de fonctionnement. Cette fois, le maire a donné suite à notre demande, dont acte.  

En l’attente des résultats, une prolongation du bail jusqu’en décembre 2022 a été votée à l’unanimité.

2 – Quel avenir pour le port de plaisance et ses pontons à bout de souffle?

À l’occasion d’une décision modificative du budget du port, il a été rappelé par l’adjoint chargé des ports, des activités maritimes et du littoral, Thierry Bihan, combien le remplacement des pontons était devenu urgent. Chaque utilisateur de ces installations a d’ailleurs pu s’en rendre compte, un fort coup de vent risque de les emporter tant ils sont minés par l’usure accumulée depuis une quarantaine d’années. Leur remplacement a été programmé lors du vote du budget au printemps dernier et le principe d’une expertise visant à établir un cahier des charges des travaux a été voté. En l’attente des résultats, des travaux urgents de consolidation ont été engagés. Cela ne sera malheureusement pas le cas du projet d’aire de carénage, espérée et promise depuis longtemps, mais qui, une fois de plus, a été mis en attente. Nous l’avions inscrit à notre programme électoral lors des élections municipales de 2020, et régulièrement nous interpellons le maire à ce sujet qui entretient le flou. 

3- Quel avenir pour le stationnement à la gare maritime de Lorient?

Nous avons inscrit ce sujet épineux à l’ordre du jour via les questions diverses. Passons rapidement sur la polémique qui s’est installée entre le maire et nous sur qui, de l’opposition ou de la majorité, a pris l’initiative d’une négociation avec la municipalité de Lorient pour obtenir des tarifs adaptés aux besoin des Groisillons et de ceux qui se rendent chaque jour sur l’île pour les besoins de leur activité professionnelle. Nous avons déjà donné tous les arguments du débat sur le site de l’Avenir de Groix.

Malgré le vote du Conseil municipal de Lorient concernant la grille des tarifs, entérinant le montant d’un abonnement à 120 euros réservés aux usagers pendulaires, nous considérons que le dossier n’est pas clos et l’avons fait savoir au Maire. En effet, des tarifs spéciaux week-end destinés notamment  aux familles des Groisillons rendant visite à leurs parents restent à mettre au point, une proposition retenue par le maire de Lorient et qu’il s’est proposé de la mettre à l’étude. Nous avons demandé au Maire de soutenir cette proposition. Sa réponse des plus floues et des plus politiques laisse à penser qu’il n’en fera rien. Comme nous l’avons fait pour l’abonnement pendulaire à 120 euros, nous userons de tous nos appuis pour faire progresser nos propositions de tarifs aménagés.

4 – Quel avenir pour la DSP de la Compagnie Océane ?

 Voilà une question sensible pour les habitants de l’île, si sensible qu’en 2014, la nouvelle DSP (délégation de service public) avait mis le feu aux poudres et précipité le mouvement des « cirés jaunes ». Nous avons donc interpellé le maire à l’occasion d’une question diverse, alors qu’aucune information n’a, à ce jour, filtré sur les demandes particulières que la commune aurait transmises à la Région chargée d’établir le nouveau cahier des charges de cette nouvelle DSP. 

Après avoir tergiversé en expliquant que la commune n’avait pas compétence pour intervenir dans l’élaboration du cahier des charges, Dominique Yvon a exhumé de ses dossiers un courrier qu’il a envoyé au Président de Région, établissant une liste – fort intéressante au demeurant, pour le peu qui en a été lu sur le moment – des revendications de Groix concernant le transport maritime. Piochant dans son courrier, il a cité le besoin d’adapter les horaires de passage des rouliers aux besoins des usagers et non à ceux de la gestion du personnel, la mise à disposition des passagers handicapés d’une voiturette électrique afin de faciliter la montée de la passerelle à l’arrivée à Lorient. Il a en outre évoqué la mise en place d’une Commission des liaisons maritimes et la communication aux municipalités des bilans financiers des liaisons maritimes toujours promis mais jamais envoyés par la Région. Enfin, il a rappelé qu’il demandait le paiement de droits de quai à la commune, une révision du pourcentage sur les passages en particulier lorsqu’ils sont couverts par des abonnements qui pour l’heure ne sont pas soumis à commission.

Où en serions-nous de l’information sur les négociations en cours entre la Région et la Compagnie Océane si nous n’avions inscrit le sujet à l’ordre du jour de ce Conseil, le troisième de l’année 2021, autrement dit l’occasion rare d’informer les citoyens de l’état des affaires de la commune ? Car soyons clair : il est question là de démocratie locale. Bien que le maire prétexte que, juridiquement, la DSP relève de la compétence de la région et non de la commune, comment peut-on imaginer que la Région ne consulte pas Groix quand il est question de leur moyen de transport quotidienr ? Quelle mauvaise manière de construire une politique locale sur un tel sujet en tenant la population à l’écart quand par ailleurs la Compagnie océane, qui est à la fois juge et partie dans le contexte actuel de renouvellement de la DSP, mobilise des cabinets spécialisés pour sonder les besoins des passagers ? En conséquence, nous avons fait remarquer que, comme pour l’avenir du VVF, une commission de réflexion destinée à recueillir les demandes et expériences de tous aurait été la bienvenue. Nous, élus d’opposition, aurions évidemment accepté de faire partie de cette commission. Nous aurions notamment pu faire valoir les demandes des artisans de l’île comme celles des particuliers – comme une question de la salle l’a souligné – concernant le transport prohibitif des matériaux, calculé sur le volume de certaines catégories de marchandises transportées et non sur leur poids, ce qui pénalise notamment le transport des matériaux d’isolation et, par conséquent, la politique de réduction du coût énergétique de l’habitat et la lutte contre le réchauffement climatique. Pas de réponse du Maire. Mais peut-être le temps fera-t-il son effet et d’ici quelques semaines, une commission sera-t-elle créée ? Restons optimistes.

Mobilisation exceptionnelle des Groisillons pour leurs médecins

Mercredi 6 octobre au soir, devant une salle des Fêtes pleine à craquer, les intervenants (*) ont exposé les différents scénarii imaginés pour que Groix dispose de manière pérenne d’un nombre de médecins correspondant aux besoins. Les membres du Conseil d’administration de l’Avenir de Groix ainsi que ses élus municipaux présents ont pris la parole au même titre que de nombreux participants à cette soirée. Les élus au département de Lorient-Groix en commun qui se sont déplacés pour l’occasion ont fait état des possibilités offertes par le département au développement des projets sanitaires locaux. Ils ont en outre assuré le public de l’attention bienveillante que porte le président du Conseil départemental, David Lappartient, à la situation de l’île.

Merci à l’Apsig (Association des professionnels de santé de l’île de Groix) et à son président Frédéric Delange pour ce beau moment de démocratie locale à laquelle les Groisillons sont si attachés.

Un très fort courant de rejet de Kersanté – le prestataire de soins médicaux installé à la maison de santé depuis juillet dernier – s’est exprimé, rendant caduque les scénario 1 et 2. La démission durant l’été des deux médecins installés sur l’île Faustine Vuilliat et Hélène Szczepanski, ainsi que les difficultés qu’il rencontre à partir du mois d’octobre pour trouver les médecins qu’il est pourtant missionné pour envoyer sur l’île ont largement contribué à discréditer le prestataire. En outre, la révélation de certaines de ses pratiques financières ont soulevé l’indignation. En effet, répondant à une question venue de la salle, Hélène Szczepanski a révélé que la prime d’installation à tout médecin s’installant en zone fragile accordée par l’ARS (Agence régionale de santé) – et d’un montant de 50.000 euros – avait été touchée par Kersanté et que malgré ses demandes, elle ne lui avait pas été reversée.

Le scénario 3 a été plébiscité, tout en laissant ouvert le numéro 4.

Les organisateurs de la soirée ont fait part des avantages que pourront trouver à Groix les candidats médecins : prime à l’installation, logements mis à disposition par la mairie, existence d’une maison de santé bien équipée, réseau structuré de praticiens para-médicaux, un centre de secours actif, des liens privilégiés avec l’hôpital de Lorient. Et aussi un cadre de vie exceptionnel qu’offrent non seulement une île préservée tout en restant proche du continent, at aussi  des écoles de qualité, des activités liées à la la mer, une vie associative active, notamment dans le domaine culturel. Enfin, et c’est peut-être le plus important, les intervenants ont rappelé tout l’intérêt que représente pour de jeunes médecins l’exercice particulier de la médecine générale pratiquée sur une île éloignée des spécialistes et des installations de diagnostic sophistiquées.

Un audit financé par l’ARS débutera dès le 11 octobre et prendra en compte les avis et souhaits échangés pendant la réunion.

Merci encore aux organisateurs pour avoir fait partager à l’assistance leur conviction qu’une solution rapide peut être trouvée. Ils et elles ont su montrer au public toute l’énergie et la détermination qu’ils et elles déploient pour parvenir à cet objectif. Les voilà désormais forts du soutien de la population.

(*)  Hélène Denoual cap autonomie santé, Yannick Raude infirmier Cap autonomie santé, Dominique Yvon maire, Hélène Szczepanski médecin, Frédéric Delange président Apsig, Carole Gereys (ESSORT), Christophe Popineau chef de service à Vannes et médecin hospitalier coordinateur  Ehpad groix.

Parking payant: comment l’opposition a fait pression sur la mairie de Lorient

Nous allons vous raconter l’histoire d’une victoire de l’opposition groisillonne – alliée à celle de Lorient – que le maire de Lorient, Fabrice Loher, s’efforce de faire passer pour une défaite de ces mêmes opposants. Certains diront que l’histoire ressemble à ces interminables soirées électorales où les perdants se contorsionnent pour faire croire à leur victoire et faire ainsi passer la pilule. Pourtant,  ce que nous allons raconter est l’exacte vérité. Elle s’est déroulée en quatre actes et a débuté en mai dernier.

Voici le récit de la fixation des tarifs d’abonnements du parking de la gare maritime de Lorient dont profitent les insulaires et les travailleurs pendulaires, autrement dit les salariés qui font chaque jour l’aller-retour Lorient/Groix ou inversement pour se rendre à leur travail.

Acte 1. Le Conseil municipal de Lorient du 27 mai vote le principe du parking payant de la gare maritime. Depuis l’été précédent, nous, élus de l’opposition groisillonne et membres du Conseil d’administration de l’Avenir de Groix pressions la mairie de Groix de mener des discussions avec la mairie de Lorient pour obtenir des tarifs les plus bas possible pour les travailleurs pendulaires, pour les insulaires qui se rendent à des soins médicaux sur le continent, et pour les familles des insulaires lorsqu’elles leur rendent visite à Groix, lors de grands week-ends en particulier. Nous demandions aussi que des places leur soient réservées. Nous avons pris position en ce sens dans la presse locale ainsi que sur notre site internet.

Acte 2. Le 6 juillet, nous publions en avant-première la grille des tarifs et informons les Groisillons et les pendulaires qu’ils pourront souscrire un abonnement à 120 euros par an, soit 10 euros par mois et qu’un parking, le P1, leur sera réservé. Nous étions informés de ce tarif spécial depuis plusieurs semaines, l’un d’entre nous étant en contact régulier avec l’adjointe aux transports de Lorient, Laure Dechavanne. Par crainte d’un revirement de dernière minute, toujours possible, nous avons choisi de ne communiquer ce montant qu’à quelques heures de l’ouverture du parking payant. Le 9 juillet, les usagers découvrent un panneau informant sur les tarifs installé à l’entrée des deux parkings. Aucune information préalable n’a été faite sur la grille tarifaire, ni au Conseil municipal, ni par voie de presse.

Acte 3.  Le Conseil d’administration de l’Avenir de Groix – dont les trois élus d’opposition font partie – décide de déposer un recours gracieux visant à annuler la grille tarifaire. Motif dument argumenté juridiquement : la grille tarifaire aurait dû légalement être présentée au Conseil municipal pour qu’il en débatte, ce qui n’a pas été fait. Le conseil du 27 mai s’est contenté de présenter un tableau prévisionnel des investissements. Un débat aurait permis aux élus d’opposition de Lorient en commun, avec lesquels nous sommes alliés, de faire valoir les demandes particulières des Groisillons. Le recours a été déposé le 30 juillet dernier. 

Acte 4. Poussé par notre recours gracieux et cherchant à empêcher un éventuel recours devant un Tribunal administratif, le maire de Lorient inscrit à l’ordre du jour du Conseil municipal du 30 septembre 2021 un bordereau visant à faire voter la grille tarifaire du parking de la gare maritime. Quelques jours avant, nous avons reçu une lettre en réponse à notre demande de recours gracieux : elle indique que notre recours est rejeté, au motif qu’une délégation a été donnée au maire en juillet 2020 pour fixer les tarifs des parkings lorientais à condition qu’ils soient temporaires. C’est là toute l’astuce du maire de Lorient pour faire passer le succès de notre pression pour une cuisante défaite. Car s’il a précisé lors du Conseil du 27 mai qu’une évaluation serait faite dans les mois qui suivraient la mise en place du parking payant, il n’a jamais précisé formellement que les tarifs seraient « temporaires ». Cet argument a été présenté au Conseil du 30 septembre, permettant à la majorité lorientaise de refuser de revoir la grille des tarifs dans un sens plus favorable aux Groisillons. Et ce malgré les recettes des premiers mois d’exploitation trois fois supérieures aux prévisions. 

Néanmoins, le vote du 30 septembre a acté définitivement  l’abonnement annuel à 120 euros. De plus, à la demande de Damien Girard de Lorient en commun, avec lequel nous nous étions concertés, Fabrice Loher s’est engagé à mettre à l’étude un tarif de week-end pour les familles des Groisillons.

Epilogue. Bien que refusé, notre recours gracieux a atteint son objectif de remise à plat du débat.

Rappelons que le maire de Groix a affirmé lors d’un Conseil municipal qu’il n’avait été en contact avec Fabrice Loher au sujet de ce parking que deux fois, alors que le maire de Lorient fait remarquer que des concertations “étroites” ont été menées avec la mairie de Lorient. Chacun doit avoir une appréciation bien différente du dialogue « étroit ».

Jean-Claude Jaillette, Victor Da Silva

Inquiétudes à la Maison de santé : les médecins intéressés se défilent

Plus d’un habitant de Groix a été confronté à la même expérience que celle à laquelle nous venons de procéder. Nous avons en effet tenté de prendre un rendez-vous à la maison de santé de Groix pour une consultation de médecine générale via le site internet de Kersanté. Les deux premières étapes qui consistent à prendre connaissance du lieu de consultation et ensuite de choisir l’onglet correspondant à la spécialité, en l’occurrence la médecine générale, se passent bien. A la troisième, ça se corse : il s’agit de choisir le nom d’un praticien. Et là, rien, aucun nom n’apparaît, contrairement à ce qui est proposé dans le centre Kersanté de Lorient où huit médecins sont disponibles. Vient alors le calendrier. Au moment où nous avons consulté le site de réservation (le 29 septembre), une seule journée était   proposée, le vendredi 1er octobre. Pour les autres jours du mois d’octobre, rien, et encore moins pour les mois à venir. Comment interpréter ce vide ?

Selon les informations que nous avons recueillies auprès des professionnels de santé de l’île, les candidats médecins pour occuper un poste à Groix via Kersanté ne se bousculent pas au portillon. Ou plus précisément, ils semblent peu séduits par le système dans lequel leur propose Kersanté d‘entrer après avoir posé leur candidature. Rappelons en effet que le salaire proposé comporte une part fixe et une autre variable calculée à partir du nombre de consultations. Ce qui revient à exercer une pression sur le médecin pour qu’il limite au maximum la durée de ses consultations pour remplir sa journée de travail et s’assurer un revenu comparable à celui d’un médecin libéral. A moins qu’il allonge exagérément sa journée de travail.  En outre, sur une consultation de secteur 1 à 26 euros, Kersanté retient 45% pour la rémunération de son service. Si à cela on ajoute le fonctionnement chaotique de l’administration que l’entreprise de services de santé a mise en place tel que chacun a pu le constater depuis le début du mois de juillet dernier, l’ensemble des conditions d’exercice n’est pas très séduisant. 

Il faut écouter les médecins généralistes qui ont exercé à Groix par le passé pour comprendre que pratiquer la médecine sur une île éloignée des médecins spécialistes et des installations techniques de diagnostic demande un retour aux fondamentaux de la médecine généraliste. Ici plus qu’ailleurs, le dialogue avec le patient est important pour établir un diagnostic fiable. Il faut en quelque sorte être un peu spécialiste de tout, et surtout ne pas être enfermé dans un carcan économique qui pousse le médecin à multiplier les consultations et en raccourcir la durée au strict minimum. Une pratique qui semble bien éloigné de ce que propose Kersanté.

Kersanté est-il la solution miracle ?

Bref, aujourd’hui, Kersanté est dans l’incapacité d’apporter une présence médicale durable, même à court terme sur l’île. D’où une question, légitime : envoyé dans l’urgence par l’ARS (Agence régionale de santé) pour répondre aux besoins sanitaires durant l’été, ce prestataire de services de santé est-il capable de mettre en place une solution sur le long terme ?

Autre point délicat, celui de l’organisation des gardes. Il y a quelques jours encore, l’APSIG (association des professionnels de santé de l’île de Groix) se montrait sereine, espérant un partenariat avec l’hôpital de Lorient. A ce jour, rien n’est encore fait, et l’espoir que les choses se débloquent dans les jours qui viennent est assez mince.

Pas de panique pour autant. « Nous ne sommes pas abandonnés» précise Frédéric Delange, président de l’APSIG. Tous les acteurs, ARS, Préfet, mairie et professionnels de santé travaillent à la recherche d’une solution durable. « Nous avons beaucoup de contacts avec des médecins qui seraient prêts à venir dans un schéma libéral accompagné de conditions confortables d’installation. » Pas de panique donc car, il est fort probable que le calendrier des rendez-vous se remplira d’un jour sur l’autre, maintenant néanmoins les patients dans un climat d’incertitude qui pourrait en angoisser certain. C’est compliqué, mais ça n’est pas rien. Quant aux urgence elles sont toujours assurées par le SMUR qui dépêche l’hélicoptère en cas de besoin. Mais l’avenir reste à construire.

Reste que la population de l’île manifeste un besoin pressant d’informations. A cet égard, l’ESSORT (Equipe de soins et d’organisation Territoriale) a pris l’initiative d’organiser une réunion publique soutenue par la mairie le 6 octobre prochain à la salle des fêtes de Groix, une initiative que nous élus municipaux et départementaux avons appelé de nos vœux depuis plusieurs semaines.  Cette réunion est conçue comme un moment d’échange entre les professionnels de la santé et la population. Ce moment important devrait permettre à chacun de prendre la mesure de toutes les hypothèses d’organisation du système de soins sur l’île.

Marie-José Mallet, Jean-Claude Jaillette, Victor Da Silva

Kersanté : radiographie d’une association à but non lucratif

Quelle est la nature de cet organisme qui a débarqué à la maison de santé en juillet dernier?

Kersanté est la marque des centres de santé de l’ADCS (Association pour le développement des centres de santé).  Son statut associatif à but non lucratif a été rendu obligatoire par une ordonnance de 2018 fixant le statut des centres de santé. Jusqu’à ce qu’elle prenne en charge la gestion de la maison de santé de Groix à partir de juillet 2021, l’ADCS disposait de quatre centres, l’un à Paris, un autre à Rennes, un autre à Lamballe, et enfin un autre à Lorient. Depuis le début 2021, Kersanté est soutenu par le groupe de promotion immobilière Office Santé, spécialisé dans la réalisation de maisons de santé à travers la France. En janvier 2021, le groupe présidé par Stéphane Guivarc’h, revendiquait une vingtaine de réalisations et en annonçait une quarantaine à venir. A cette date le Pdg a levé 15 millions d’euros de fonds, la deuxième levée de fonds depuis son lancement en 2014. En 2018 il avait déjà levé 2 millions d’euros. A son capital figurent des groupes comme Apivia Macif Mutuelle, MBA Mutuelle, Groupama Bretagne et le constructeur Trecobat. Outre des prestations immobilières, Office santé propose, à travers une filiale spécialisée, des services « libérateurs de temps médical» selon la plaquette de présentation. En 2020, Office santé a réalisé 17 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 5 millions d’euros en 2018.

Les liens entre Kersanté et Office santé sont si étroits, que le médecin dépêché par Kersanté pour faire fonctionner la maison de santé de Groix – après le démarrage chaotique de l’été dernier conduisant à la démission des deux médecins salariés – n’est autre que la directrice des affaires médicale d’Office santé, la docteure Laurence Marrié. Dès son arrivée à la mi-septembre, cette dernière s’est attachée à (re)donner une image positive de Kersanté, déclarant  dans Ouest France (23/09/2021) : «Kersanté est une association loi 1901 à but non lucratif. Les médecins y sont salariés et travaillent à leur rythme, soit 15 à 30 minutes de consultation en fonction des patients et des pathologies. Aucun rendement ne leur est demandé. Il faut juste équilibrer les comptes. Si toutefois il y a des bénéfices, ils sont réinvestis dans du matériel ou du personnel – des assistantes médicales par exemple – pour libérer aux médecins encore plus de temps avec leurs patients quand cela est nécessaire. »

Aucun rendement demandé vraiment ? Formellement c’est exact. Mais l’existence dans la rémunération du médecin salarié de Kersanté d’une part variable calculée en fonction du nombre de consultations installe une pression forte sur le nombre de consultations journalières. Ce qui a comme conséquence soit d’augmenter la durée quotidienne du travail, soit de réduire la durée des consultations à leur minimum. Dire que c’est une manière détournée d’imposer un rendement ne serait que le produit d’un mauvais esprit…

La vérité sur la pénurie de médecins à Groix

A Groix, pour le commun de ses habitants, tout semblait aller pour le mieux en matière d’organisation des soins jusqu’à la mi-août de cette année. Médecins, dentiste, kinésithérapeute, orthophoniste, pharmaciens, infirmiers, opticiens, tous les professionnels de santé faisaient de leur mieux pour répondre aux besoins. Et, cerise sur le gâteau, depuis le début de l’année, une maison de santé flambant neuve construite par la collectivité donnait le sentiment qu’on entrait dans une ère nouvelle où la permanence des soins serait encore mieux assurée, où des spécialistes venus régulièrement du continent apporteraient leur expérience, où les moyens techniques et informatiques nouveaux amélioreraient les conditions de travail des praticiens. Mais déjà, en prêtant une oreille attentive, on pouvait percevoir que le surmenage gagnait les médecins et les infirmiers, en évident sous-effectif  aggravé par la crise de la COVID-19. Mais malgré les à-coups et les chaos, tout allait bon train grâce à l’action de l’Apsig (Association des professionnels de santé de l’île de Groix) présidée par le pharmacien Frédéric Delange qui a su ajuster l’organisation aux soubresauts des besoins.

Et voilà, qu’à la fin du mois d’août, un coup de tonnerre claque dans le ciel médical groisillon : les deux médecins pratiquant à l’année, Faustine Vuillat et Hélène Szczepanski ont « démissionné », selon le terme qui a parcouru l’île tel une trainée de poudre. Première surprise, de quelle structure les deux médecins peuvent-ils « démissionner », chacun – du moins celui qui n’est pas proche du milieu médical groisillon ou de la municipalité – ne voyant pas comment un médecin peut exercer son activité ailleurs que dans son cabinet, donc pour son propre compte. Alors démissionner… Fermer boutique, mettre la clé sous la porte, peut-être, mais démissionner ?

De plus en plus de médecins sont salariés

A dire vrai, l’exercice de la profession de médecin a beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années. L’image du médecin de campagne arpentant son territoire de l’aube au crépuscule, été comme hiver, qu’il vente ou qu’il pleuve, est en passe de disparaître. Les jeunes médecins, qu’ils soient homme ou femme, aspirent à une qualité de vie différente, où travail et vie personnelle cohabitent harmonieusement, sans pour autant négliger leur mission. Pour y parvenir, certains cherchent à se regrouper afin de mutualiser les fonctions administratives et mettre en commun les équipements devenus trop onéreux. C’est ainsi qu’à Groix est née la maison médicale autour de trois médecins généralistes,et d’un dentiste. Eric Régénermel, André Romieux et et Pierre Lesage. D’autres, poussant plus loin encore le souci d’alléger leur pratique médicale des tâches administratives, préfèrent le salariat à l’exercice libéral avec un cabinet et une clientèle bien à soi. Sentant la demande grandir, des organisations – souvent sous forme associative à but non lucratif ce qui n’empêche pas la recherche du profit – ont fleuri, offrant en contrepartie d’un salaire régulier un service clé en main aux praticiens où ils assurent les tâches administratives, la prise de rendez-vous et surtout – tâche oh combien chronophage pour un praticien libéral – le recrutement des remplaçants ou des renforts dans les zones touristiques. A un inconvénient de taille près : le but non lucratif n’empêche pas la recherche de la rentabilité. Et l’on va voir combien cet élément pèse sur la crise que connaît Groix. Kersanté, émanation  de l’Association pour le développement des centres de santé, qui gère désormais la maison de santé de Groix est représentatif de ce nouveau courant. Implantée en Bretagne et à Paris 19ème, Kersanté aspire à un développement rapide.

Mais revenons à la « démission » de nos deux médecins groisillonnes. Si elles ont « démissionné » dans le courant du mois d’août, c’est qu’en réalité elles étaient devenues salariées de Kersanté depuis le 1er Juillet. Deux questions se posent dès lors. 1 – Avaient-elles fait ce choix en toute connaissance de cause ? 2 – Pourquoi ont-elles démissionné aussi rapidement et quels événements particulièrement graves ont -ils précipité leurs décisions ? Nous, élus d’opposition, avons cherché patiemment les réponses à ces questions qui trottent dans toutes les têtes groisillonnes.

Kersanté débarque dans l’urgence sur l’île

Dès le mois d’avril dernier, l’une des deux médecins encore dans l’exercice libéral, durement éprouvée par le rythme infernal de son travail – de trois plus un mi-temps du temps du trio Régénermel/Romieux/Lesage il y a une dizaine d’années, le nombre de médecins est passé à deux, alors que la fréquentation de l’île ne cesse d’augmenter – a fait part de son intention de prendre du champ. Devant la pénurie de médecins qui menaçait, l’ARS (Agence régionale de santé) a cherché une solution de remplacement dans l’urgence sans trouver de solution pérenne. C’est alors qu’au seuil de la saison estivale, l’Agence s’est tournée vers Kersanté qu’elle a missionnée pour recruter des médecins et organiser l’activité des médecins locaux. Et c’est ainsi que dans l’urgence, en quelques semaines, Kersanté a pris le contrôle de la maison de santé et salarié les deux médecins jusqu’alors libérales. Selon nos informations, l’ARS a dû bousculer le protocole d’agrément habituel, bien plus long d’ordinaire, pour être prêt au 1er juillet. Quant à Kersanté, habitué à monter des projets de maisons de santé de A jusqu’à Z, il a dû s’adapter sans pour autant avoir pris le temps de bien évaluer la situation particulière d’une île touristique. Combien de médecins pour la saison estivale, quelle durée de consultation, comment seraient gérées les urgences, quelle formation pour les assistantes, tout cela a été balayé à grande vitesse.

Pourquoi les deux médecins ont-elles démissionné aussi rapidement ? Une partie de la réponse se trouve dans ce qui a été énoncé précédemment : retard dans la formation du secrétariat, incompréhension des besoins durant la période estivale, retard dans le règlement du salaire, etc. Mais là n’est peut-être pas le plus important.

En effet, le contrat passé entre le médecin salarié et Kersanté prévoit que son salaire comporte une part fixe et une part variable établie selon le nombre de consultations réalisées. Moyennant quoi, pour s’assurer un revenu comparable à celui qu’il se verse en tant que praticien libéral, le médecin doit soit raccourcir la durée des consultations pour en réaliser un maximum dans sa journée de travail, soit allonger ses journées de travail, ce qui devient rapidement contradictoire avec l’objectif recherché d’amélioration de la qualité de sa vie personnelle. Autrement dit, sans l’annoncer formellement, Kersanté contraint ses salariés à réduire le temps de consultation au minimum, moins de 15 minutes selon nos informations.

Moralité : ne voulant pas se plier à cette loi d’airain, et déçues par les promesses  d’organisation idylliques sur le papier mais décevantes dans la réalité, nos deux médecins ont préféré rendre leur tablier.

Groix va-t-elle manquer de médecins

NON, en tout cas pas dans l’immédiat. Des solutions ont été trouvées pour le mois de septembre où un ancien médecin (Françoise Tattevin)  reprend du service une semaine par mois complétée par l’arrivée de médecins vacataires envoyés par Kersanté. Néanmoins, certains jours les gardes de nuit ne peuvent être assurées. Pour les urgences, un partenariat a été trouvé avec l’hôpital du Scorf à Lorient.Une inquiétude cependant : à ce jour, aucune vacation n’est prévue pour le mois d’octobre. Mais il reste deux semaines à Kersanté pour trouver des volontaires.

Que faire pour l’avenir? Nos propositions

Le problème est simple à poser, mais extrêmement difficile à résoudre. Groix, considérée par l’ARS comme un territoire fragile du fait de son éloignement des infrastructures techniques et de ses contraintes de transport pour rallier le continent, doit disposer d’un service médical performant et permanent. Au vu des difficultés rencontrées depuis début juillet par la mise en place du système Kersanté, chacun est en droit de se demander si cette organisation est en mesure d’offrir les prestations souhaitées et d’ajuster les effectifs de médecins aux besoins réels. Cet organisme peut-il se réformer et rapprocher sa pratique de ses promesses? Les élus d’opposition de Groix demandent que l’ARS et les professionnels de santé locaux accordent quelques semaines à l’opérateur pour s’adapter aux demandes locales et intégrer les éléments de contexte ilien. A défaut, il faudra envisager un autre mode d’organisation.

Ce nouveau mode pourrait être un retour à une médecine libérale exercée sous une forme collective et pluridisciplinaire, comme fonctionnant dans l’ancienne maison médicale. Charge à l’ARS mais aussi à tous les responsables locaux, municipalité en tête, de rendre les postes suffisamment attractifs notamment en ce qui concerne le logement des futurs médecins pour que les candidats médecins se laissent séduire par notre île. Nous soutiendrons toutes les initiatives allant dans ce sens et bénéfique à l’intérêt collectif.

Voilà à ce jour où en est la situation que l’APSIG semble bien maîtriser, malgré les aléas et les rebondissements quotidiens, ce dont nous les remercions chaleureusement. Retrouver à Groix une organisation des soins efficace est une urgence. Mais ce travail doit s’effectuer sans panique ni précipitation. Telle a été notre démarche. Se hâter lentement en quelque sorte. Dans les jours qui viendront, nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet vital.

Jean-Claude Jaillette, Marie José Mallet, Victor Da Silva

pénurie de médecins à groix: réunion publique

Face à la pénurie de médecins à Groix consécutive à la démission des deux médecins depuis août dernier, les professionnels de santé de l’île organisent ce soir mercredi 6 octobre une réunion publique. Elle se tiendra à la salle des Fêtes, à 20 h 30. Elle est conçue comme un moment d’échange afin d’évaluer les solutions susceptibles de convaincre de nouveaux médecins de venir exercer à Groix.

Prochain conseil municipal

La prochaine séance du Conseil municipal aura lieu le Mercredi 13 octobre 2021 à 17 h 00 et se tiendra à la salle des fêtes.

De façon non exhaustive, parmi les sujets qui seront abordés : convention de financement «Appel à projets pour un socle numérique dans les écoles élémentaires», décisions budgétaires modificatives diverses, marché assurances, tableau des emplois, prorogation du bail VVF et constitution d’une commission d’instruction pour l’avenir du VVF, Cantine à 1 €, travaux de voirie, situation médicale de l’île, etc.

Les Semeurs de Santé sont de retour à Groix.

Qui sont-ils ? 

Six partenaires qui proposent des actions de promotion de la santé en zones rurales et insulaires, en lien étroit avec les acteurs de ces communes : l’ARS, l’Escargot Migrateur, France Assos Santé, l’EHESP, Plateforme ETP et Cap autonomie santé.

L’ action des Semeurs de Santé se déploie sur Groix depuis 2018. Leur objectif est d’accompagner les initiatives favorisant le bien-être, le lien social et d’améliorer la santé sur les communes de Groix, Gourin et Scaër.

Ils s’inscrivent dans la démarche d’éducation thérapeutique du Pôle santé de Groix.

La réunion organisée le jeudi 30 septembre de 18h30 à 20h00 à la salle des fêtes aura pour thématique

De l’enfance à l’adolescence : prévention des conduites à risque.

Son objectif est d’échanger collectivement sur des constats, de partager sur les projets déjà en cours et d’imaginer des pistes d’action possibles qui pourraient être portées collectivement.

Il est nécessaire de s’inscrire au préalable par mail auprès de Claire Cornelissen, chargée de projet Cap autonomie santé : c.cornelissen@capautonomiesante.bzh.

Appel aux volontaires pour faire fonctionner un centre de tests Covid à Groix

A partir du vendredi 13 août 2021, Groix disposera d’un (petit) centre de tests rapides installé à la maison de santé. Son gestionnaire, Kersanté, basé à Lorient, après quelques hésitations, a accédé aux demandes de l’Apsig, (Association de professions de santé de l’ile de Groix) présidé par Frédéric Delange. « La situation est devenue ingérable » nous disait-il il y a quelques jours. Alors que la saison bat son plein et que les visiteurs affluent, impossible pour les pharmaciens comme pour les infirmiers de répondre à la demande de tests consécutive aux nouvelles mesures gouvernementales. Et partant de là, impossible pour les vacanciers de se procurer un test valide pour prendre le TGV, sauf à se rendre à Lorient.

Et puis le Fifig (Festival international du film insulaire) approche, annonçant plusieurs centaines de visiteurs supplémentaires sur 4 jours à la fin de l’avant-dernière semaine d’août encadrés de nombreux bénévoles. Des bénévoles qui rechignent à venir face à l’impossibilité de se faire tester sur l’île, plongeant les organisateurs dans des difficultés dont ils se seraient bien passés. Il fallait donc de toute urgence trouver une solution passant par l’installation d’un centre de tests sur l’île. Mais le projet se heurtait à des difficultés techniques, en l’occurrence l’installation de matériel informatique spécifique. En outre une telle installation n’enthousiasmait pas l’ARS (Agence régionale de santé) qui craignait que d’autres communes touristiques fassent la même demande. Désormais, les obstacles sont levés, et le centre verra le jour.

Urgent, trouver des volontaires

L’Avenir de Groix et ses élus ont soutenu et fortement appuyé ces démarches, tout comme l’association a soutenu la démarche des associations culturelles et des commerçants auprès de la municipalité réclamant des moyens de tests rapides. Nous nous réjouissons donc de l’issue favorable.

Reste un problème qui devrait rapidement trouver sa solution : il faut trouver du personnel volontaire pour assurer le fonctionnement de ce centre éphémère. Nous savons qu’à Groix résident des médecins, à la retraite ou encore en activité et des infirmier(e)s. 

Nous leur lançons donc un appel à se mobiliser et à donner quelques heures de leur temps pour que cette structure indispensable à la vie de l’île puisse fonctionner. 

Nous les invitons à prendre contact avec Frédéric Delange à la pharmacie qui leur fournira toutes les informations nécessaires.