La gestion trop pépère du « bon père de famille »

Dominique Yvon est satisfait des comptes de la commune. Il les a tenus « en bon père de famille », comme il l’a répété une nouvelle fois lors de ce conseil consacré au budget communal le 14 avril dernier, autrement dit en épargnant – beaucoup – sur l’argent que lui confient les contribuables de l’île tout comme l’État directement ou via divers fonds de dotation. Ce qui lui permet d’investir d’une année sur l’autre dans la construction d’installations comme la Maison de santé, la Capitainerie, la nouvelle Modern Strouihl, etc. Surtout, et c’est là sa fierté de « bon papa », la commune n’emprunte pas, ou alors exceptionnellement pour refaire les routes en 2018 par exemple.

Nous, élus d’opposition, avons une tout autre lecture de la situation. Compte tenu de ses ressources, la commune de Groix n’est pas assez ambitieuse, laissant de côté des pans entiers de la vie quotidienne des habitants. Bref, elle n’est pas gérée comme elle pourrait l’être au mieux des intérêts des habitants d’aujourd’hui. Explications…

Pour en savoir plus, lire notre compte rendu du conseil municipal du 14 mars 2021.

Éoliennes en images, épisode 5 : les limites de la perception humaine (2/2)

Dans l’épisode 3 nous avions vu que des objets, même très grands, pouvaient finir par disparaître de notre vue du fait de la rotondité de la terre. Et dans l’épisode 4 nous avons vu que si la terre était plate ou si les objets volaient (comme les avions, ou plus loin la station spatiale internationale, par exemple) nous ne les verrions pas pour autant jusqu’à l’infini.

Mais comme nous le constations à la fin de l’article précédent, le sommet d’un objet terrestre ou marin disparaît beaucoup plus vite de notre vue du fait de la rotondité de la terre que du fait des limites de notre vision. Alors pourquoi aborder ce sujet dans l’article précédent ? Tout simplement parce que l’attention de tous s’est focalisée sur la grande hauteur des éoliennes dont il est question dans le projet « Groix-Belle-Île ».

Pour commencer, une petite anecdote. Depuis des décennies, court une fable qui refait surface à intervalles plus ou moins réguliers, concernant la grande muraille de Chine, prétendument le seul édifice humain visible à l’œil nu depuis la lune. Évidemment, cette affirmation est absurde.

Certains, essayant de redorer le blason de cette fable, ont suggéré ensuite qu’il fallait comprendre « depuis la station spatiale ». Manque de pot, c’est tout aussi invraisemblable, et cela a été démenti à plusieurs reprises par la plupart des visiteurs de la station spatiale internationale. C’est en effet impossible, et nous allons voir pourquoi avant de revenir à nos éoliennes.

Pour savoir si un objet est visible encore faut-il considérer toutes ses dimensions. Si nous suspendions devant nous 2 m de fil à coudre, il suffirait de reculer pas bien loin pour cesser de le voir, et ceci malgré ses 10 m de long. Concrètement, ce que nous avons vu dans l’épisode précédent signifie que la distance limite de vision d’un objet d’une dizaine de mètres de large se situe aux alentours d’une trentaine de kilomètres. La station spatiale internationale est située à plus de 400 km d’altitude. Cela implique que la taille des plus petits objets ronds ou carrés visibles est d’un peu plus d’une centaine de mètres. Par exemple, les pyramides de Khéops et Khéphren (pyramides carrées d’environ 230 et 215 m de côté, respectivement) à Gizeh sont visibles de là-haut.

La grande muraille de Chine a beau être longue de milliers de kilomètres, elle n’en disparaît pas moins aux yeux des hommes très rapidement dès qu’on s’en éloigne. Haute au maximum de 7 m et large d’au plus 5 m, même si on la regarde sous l’angle le plus favorable, l’emprise sur le paysage reste en dessous des 10 m de large et donc au-delà d’une trentaine de km elle disparaît de notre vue. Alors à 400 km de distance… Sans commentaires !

Qu’en est-il alors de nos éoliennes ? Eh bien il en va de même pour elles. Si on veut pouvoir raisonner sur leur visibilité, il faut également s’intéresser à leur diamètre ; quant aux pales il en va de même, il faudrait savoir quelle est exactement leur largeur.

Ces données ne figurant malheureusement pas dans le dossier de la consultation publique (pourquoi d’ailleurs ?) il nous a fallu recourir à un expédient pour pouvoir s’en faire au moins une idée approximative, à partir d’une photo de l’éolienne Haliade-X 12 MW, téléchargeable sur le site de General Electric(1).

À partir de cette photo, placée dans un logiciel de dessin et de la hauteur connue du mât (150 m) nous pouvons faire une estimation grossière du diamètre du mât à sa base. Ce n’est pas formidable mais cela donne un ordre de grandeur acceptable qui suffit pour la démonstration qui va suivre.

La sélection rectangulaire qui encadre tant bien que mal le mât de cette photo, dans le logiciel de dessin, fait 34 pixels x 462 pixels. Sans le biais de l’angle de prise de vue, cela donnerait une largeur de : 150 m x 34 px / 462 px = 11 m. Comme la déformation hauteur/largeur ne peut que défavoriser la hauteur, cette valeur est calculée par excès, tant mieux, on ne pourra pas penser que je cherche à minimiser l’impact sur le paysage.

Faisons comme si cette valeur était la valeur exacte du diamètre ; à partir de quelle distance le mât cesserait-il d’être visible pour l’œil humain ? Reprenons les données fournies dans l’article précédent. Pour un pouvoir séparateur de l’œil humain de 0,017 degrés un objet de 11 m de large ne pourra plus être distingué à partir de 33 km environ. On pourrait ajouter qu’à cette distance, la base du mât a disparu sous l’horizon et que la portion restante est de diamètre moindre, mais nous en sommes à un tel niveau d’approximation que ce serait ridicule d’essayer de mégoter sur quelques décimètres.

Dans l’article n° 3 sur la courbure terrestre et le passage sous l’horizon nous constations que la disparition d’une éolienne de 260 m sous l’horizon d’une personne située sur nos falaises se situerait à plus de 80 km de nos côtes. Mais ce que nous voyons aujourd’hui, c’est qu’en réalité cette éolienne devient invisible bien avant pour notre œil, qui n’a rien de bionique, du fait de son « faible » diamètre.

Conclusion : la rétine de notre œil est un espace à deux dimensions et il n’est pas toujours pertinent de se focaliser sur la hauteur ou la longueur d’un objet. Tout dépend de ce que l’on cherche à démontrer.

Nous avons déjà fait un bon tour des questions de visibilité en mer. Il serait fastidieux et hors de nos compétences de vouloir prétendre à l’exhaustivité en la matière. Nous aborderons cependant dans un 6e et dernier article quelques éléments de réflexion complémentaires sur certains facteurs augmentant ou diminuant cette visibilité.

(1) https://www.ge.com/news/press-releases/haliade-x-12-mw-de-ge-eolienne-la-plus-puissante-au-monde-produit-son-premier
(attention le fichier à télécharger est très gros, plus de 30 Mo)

Crédit photo : d’après une œuvre originale de Nicolas Perrault III

Épisode 6 à venir…

Comité de pilotage du DUG de Groix repoussé

Comme nous l’avions craint lors de la rédaction de notre précédent article concernant le DUG[1] de Groix, compte tenu du contexte sanitaire et des mesures qui y sont associées, la réunion du Comité de pilotage du DUG de Groix prévue initialement le 22 avril est reportée à une date ultérieure (deuxième quinzaine de mai, en principe).

[1] DUG = Document Unique de Gestion, réunissant le Document d’objectifs du Site Natura 2000 « Île de Groix » et le Plan de gestion du site du Conservatoire du littoral « Côte sauvage de Groix ».

Deux conceptions de la démocratie qui s’opposent

Lors du Conseil municipal du 18 mars dernier, deux conceptions de la démocratie se sont opposées. On pourrait même dire qu’elles se sont affrontées, tant les échanges entre le maire et l’opposition ont été vifs. L’une, celle défendue par les membres de l’Avenir de Groix et ses élus, basée sur le partage de l’information pour que chacun puisse se déterminer en pleine conscience, et fondée sur le débat démocratique ainsi que sur l’implication du citoyen dans l’action publique. Et l’autre, incarnée par le maire et sa majorité, organisée autour d’un pouvoir central qui ne se partage pas, où le culte du chef domine, où les seules initiatives qui valent émanent de son propre camp, où l’injure se substitue au débat lorsque des oppositions un tant soit peu argumentées se manifestent.

Pour en savoir plus, lire notre compte rendu du conseil municipal du 18 mars 2021.

Activité touristique 2020 – Perspectives économiques 2021 (2 sur 2)

Épisode 2 : Et maintenant ?

Avril 2021 : voici une année écoulée et malgré le second confinement, puis le couvre-feu et les nouvelles restrictions de déplacement, trop de commerces doivent garder le rideau baissé. La vie culturelle est en suspens, sans visibilité sur les délais et les conditions de reprise d’activité.

En octobre dernier, les professionnels de Groix commentaient la saison 2020 (voir épisode 1 décembre 2020). Quelle est la situation aujourd’hui, comment se portent les gens, économiquement et moralement ? Comment se préparer à rouvrir, à réembaucher, à respecter les gestes barrières ? Quelles consignes respecter ?

Quelle communication la commune prépare-t-elle en direction de la population, des commerçants et des estivants, qui seront certainement très nombreux à venir, au vu des nombreuses demandes de réservation auprès des hébergeurs et de la compagnie Océane, afin que l’accueil et la vie insulaire se déroulent dans de bonnes conditions ?

Quel accompagnement est mis en place par la commune auprès des professionnels ?

Si les actions récentes liées à la situation sanitaire étaient prioritaires,  il ne faut pas occulter la nécessité de mettre en place une véritable politique touristique et économique, tenant compte de la nouvelle donne générée par la pandémie et ses conséquences. Nous voulons voir renaître une politique de tourisme durable et responsable, en concertation avec tous les acteurs locaux, et les partenaires de l’agglomération du pays de Lorient (CTRL[1], Office de Tourisme), la CCI[2], la Compagnie Océane, l’AIP[3], le département et la région. Les enjeux sont nombreux : maintien des commerces et des emplois, hébergement des saisonniers, gestion de l’offre et de la demande en fonction des flux touristiques, gestion de l’information et de la communication, ainsi que le développement du transport local et la gestion des déplacements en toute sécurité, comme acté par le PLU[4].

L’année passée, les pics de sur-fréquentation ont montré les limites au-delà desquelles les conditions de vie et la sécurité se dégradent. Sans politique de tourisme économique durable, nous risquons de revivre les mêmes désagréments de façon trop récurrente.

À courte échéance, quel comportement collectif adopter ? Quel accueil légal pratiquer dans nos hébergements, dans nos commerces ? Par exemple, quid de l’hébergement des salariés temporaires  sur l’île ? Pourrait-on avoir un référent en mairie, auprès de qui obtenir les  informations officielles et des réponses à nos questions ?

Martine Baron, Étienne Durup

  1. CTRL : Compagnie de Transport de la Région Lorientaise
  2. CCI : Chambre de Commerce et d’Industrie
  3. AIP : Association des îles du Ponant
  4. PLU : Plan Local d’Urbanisme (voté en décembre 2019)

DUG de Groix, mais qu’est-ce donc ?

Le Comité de pilotage du Document Unique de Gestion (DUG) de Groix devrait se réunir pour la première fois, et ce le jeudi 22 avril de 9h30 à 12h00 dans notre salle des fêtes si, toutefois, les consignes sanitaires actuelles ne poussent pas à son report.

Mais qu’est-ce donc que ce « Document Unique de Gestion de Groix » ?

En fait, il s’agit d’un document de synthèse qui réunit le Document d’objectifs du Site Natura 2000 « Île de Groix » et le Plan de gestion du site du Conservatoire du littoral « Côte sauvage de Groix ». 

Le comité de pilotage du DUG de Groix réunit un certain nombre de structures administratives et associatives au titre desquelles, de façon non exhaustive, en ce qui concerne la commune de Groix, la municipalité, la réserve naturelle nationale (gérée par l’association Bretagne Vivante), l’Association des Usagers de la Mer de l’Île de Groix (AUMIG) qui gère les mouillages saisonniers mis en place autour de l’île, l’Association Saint-Gunthiern, qui œuvre à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine des fontaines et lavoirs de l’île, etc. Il a pour objet d’assurer le suivi des actions inscrites dans ce fameux document unique.

La réunion n’en est, a priori, pas publique. Du fait des consignes sanitaires actuelles, les représentations sont même limitées à une personne par structure. Espérons que l’évolution de la situation sanitaire permettra à cette réunion de se tenir comme prévu.

Covid-19 et sorties en mer

Des informations contradictoires ont été données ces derniers temps par les médias et diverses administrations concernant les limitations appliquées aux activités nautiques de plaisance et la plongée.

La préfecture maritime de l’atlantique a clarifié les choses dans un article posté le 2 avril sur son site. La limitation de 10 km ne s’applique pas en mer, mais entre le domicile et le point d’embarquement. On demeure néanmoins soumis aux restrictions horaires communes ; attention donc aux conditions météo qui peuvent influer sur le temps de retour.

Référence : https://www.premar-atlantique.gouv.fr/communiques-presse/nouvelles-mesures-sanitaires-ce-qu-il-faut-retenir-pour-les-activites-nautiques

Conseil municipal du 14 avril 2021

Le prochain conseil municipal se tiendra le 14 avril 2021 à 17h00 à la salle des fêtes.

Ordre du jour à venir…

Les comptes rendus officiels des précédents conseils sont disponibles sur le site de la mairie.

Édition 31/03/3021 à 17h00 : il est précisé qu’à l’heure où ces lignes sont écrites les comptes rendus officiels ne sont pas encore disponibles pour les conseils de décembre 2020 et mars 2021. Inutile de les chercher.

Déchèterie : petits soucis avec la demande de badge

Si certain⋅e⋅s d’entre vous ont tenté de s’inscrire en ligne pour obtenir leur badge elles/ils auront peut-être, rencontré une difficulté en fonction de leur adresse postale.

En effet, dans certaines conditions, le formulaire bloque si aucun numéro de voie n’est associé à l’adresse (il n’est pourtant pas signalé comme obligatoire puisqu’il n’y a pas de « * » à côté du nom du champ, lorsqu’il apparaît à l’écran).

Évidemment, une quantité phénoménale d’adresses ne possèdent pas de numéro en milieu rural. À titre d’exemple, à Groix, plus de 70 % des adresses ne possèdent pas de numéro. Du coup si l’on sélectionne, par exemple, “CREHAL” dans la liste déroulante des voies et lieux-dits on se voit proposer “0 CREHAL” comme seule adresse possible. Et si on laisse le numéro vide, alors que le champ « Numéro » est apparu dans le formulaire de saisie, on a beau appuyez autant qu’on veut sur le bouton « Envoyer votre demande » en bas de formulaire, il ne se passe rien (au moment où j’ai essayé en tout cas ; ce sera peut-être corrigé quand vous lirez ces lignes).

Heureusement, on peut trouver des stratégies pour contourner le problème, d’où la confusion au dernier conseil entre les personnes qui s’étaient heurtées au problème et celles qui ne l’avaient pas rencontré.

La méthode la plus simple c’est de ne pas attacher d’importance à l’inexactitude de l’adresse qui vous est proposée ni à la case à cocher certifiant « l’exactitude des informations saisies dans ce formulaire etc. » et de sélectionner dans la liste déroulante l’adresse proposée avec le numéro zéro.

Il existe aussi une méthode qui permet de valider le formulaire sans avoir saisi le zéro mais j’ai découvert après téléchargement du e-badge sur le smartphone que ça ne servait à rien, car le 0 se retrouve tout de même ajouté dans l’adresse associée au badge. Alors autant faire simple.

Ce qui est un peu désespérant, dans cette histoire, n’est pas tant la mésaventure en tant que telle (c’est agaçant mais contournable) mais plutôt le constat que l’expérience ne sert pas à grand chose. De trop nombreux développeurs d’applications en ligne n’ont toujours pas compris, après la Bérézina des cartes grises(1) dans les années 2017-2018, qu’il existe des dizaines (des centaines ?) de milliers d’adresses postales en France qui ne comportent pas de numéro, voire pas de nom de voie au sens strict (mais comme aujourd’hui on assimile le lieu-dit à un type de voie, cette nuance est en voie de disparition dans beaucoup de formulaires et de bases de données).

C’est ainsi que pour un seul et même foyer, pour EDF l’adresse peut être « . LIEU DIT CREHAL » (notez le point en début de ligne), pour Lorient Agglo « 0 CREHAL », pour d’autres administrations « MEZ CREHAL », pour un passeport « ROUTE DU TROU DE L’ENFER – CREHAL » (impossible à l’époque de saisir sans nom de rue), etc. Heureusement qu’il existe encore des organismes et sites moins psychorigides où l’on peut donner une adresse postale exacte « Créhal » ou « CRÉHAL » tout court et correctement orthographiée en plus, avec un accent… merci (et ça, ce n’est pas toujours gagné non plus ; cf. les 4 adresses précédentes).


(1) Impossible de changer d’adresse sur la carte grise pour des milliers de personnes, des procédures d’aide ou de dépannage qui tournaient en rond, des procès à la pelle, bref… une année de monumentale pagaille.