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L’Avenir de Groix vous présente ses vœux

Comme beaucoup d’entre vous, nous espérions que les vœux 2022 ne ressembleraient pas à ceux de 2021, en “présentiel” et non en “distanciel” pour utiliser un nouveau langage créé pour l’occasion. « 2021 a été chagrin, mais en 2022, ça ira mieux » pensions-nous en terminant l’année, espérant laisser la Covid dernière nous, enfin. Mais voilà, le virus est encore là, de plus en plus contagieux bien que moins agressif, notamment grâce aux vaccins, certains d’entre nous peuvent en témoigner pour avoir été déclarés positifs entre Noël et le Jour de l’an et contraints à s’isoler durant une dizaine de jours. 

Si le début 2022 reste tout aussi compliqué que l’année précédente, gardons néanmoins confiance et espoir pour cette année qui commence. Souhaitons que le virus n’entame pas nos valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité. 

L’Avenir de Groix présente donc ses meilleurs vœux à tous ceux qui nous suivent, à tous ceux qui, de plus en plus nombreux en 2021, nous ont manifesté leur confiance, et aussi à tous ceux qui nous ont fait l’honneur et le plaisir de nous lire ou de nous écouter quand l’occasion s’est présentée. Que cette année vous soit favorable, qu’elle réponde à vos aspirations aussi bien collectives qu’individuelles, qu’elle vous donne la force d’agir pour y parvenir. 

Bonne et heureuse année à toutes et à tous. Soyez certains que nous aurons à cœur de répondre à vos attentes, comme nous l’avons tenté en 2021. Soyez également assurés que nous nous attacherons à ce que la population groisillonne soit consultée et associée aux décisions qui sont prises par sa commune, pour que vive l’espoir d’une démocratie participative

A quoi sert Kersanté ?

« Pas de médecins à Groix la première semaine de décembre » a publié le Télégramme le 5 décembre dernier. Citant le maire, Dominique Yvon, qui s’est exprimé le 4 décembre dernier au cours de la fête de la Sainte-Barbe organisée par les Sapeurs pompiers, l’article précise que la situation sanitaire de l’île est si tendue que les nouveaux arrivants pourraient être tentés de quitter l’île si des solutions ne sont pas trouvées rapidement. Et pour cause : une brève consultation du site internet de Kersanté, le prestataire de service mandaté par ARS au mois d’avril dernier pour recruter des médecins, indique qu’aucun rendez-vous de médecine générale ne peut être pris avant… le 13 janvier prochain.

Dans le même article, on apprend que l’ARS (Agence régionale de santé) réalise depuis trois mois un audit sur l’île visant à construire une solution durable pour que Groix retrouve très vite un ou plusieurs médecins capables d’assurer une permanence de soins sur l’île. Dès lors, une question se pose : pourquoi faut-il trois mois, et peut-être un mois supplémentaire, pour constater que Kersanté est en échec depuis le mois de septembre dernier ? 

Chacun a pu constater que depuis cette date, à de très rares exceptions, Kersanté ne propose pas de rendez-vous avant le début du mois de janvier, avançant comme argument qu’aucun médecin n’est volontaire pour venir sur l’île. Aucun médecin ne serait prêt à venir sur l’île, vraiment ? Selon nos informations, des médecins ayant effectué des remplacements à Groix au cours des deux dernières années se sont étonnés de ne pas avoir été contactés par Kersanté pour savoir s’ils étaient prêts à effectuer quelques vacations, alors même qu’ils étaient prêts à le faire. De fait, le médecin annoncé pour les trois dernières semaines de décembre(le Télégramme du 7 décembre) a été débusqué par… l’audit, et non par Kersanté. Chacun en tirera les leçons.

Toujours dans le même article du Télégramme, Frédéric Delange, président de l’APSIG, association des professionnels de santé de l’île de Groix, fait part malgré tout de son optimisme pour les semaines et les mois à venir. Nous souhaitons vivement qu’il voie juste.

Dans l’attente de jours meilleurs, Cinef’îles et les professionnels de santé de Groix se sont associés pour organiser une soirée le 17 décembre prochain au Cinéma des familles à 20h30 sur le thème du manque de médecin dans un territoire isolé et comment en retrouver. Le film “La grande séduction” sera projeté suivi d’un débat organisé par les professionnels de santé de Groix. 

Faisons de Groix un modèle de territoire cyclable

Et si Groix devenait le paradis du vélo ? C’est possible, d’autant plus rapidement que des aménagements ont déjà été réalisés, insuffisants certes, mais réels. Pour parvenir à ce qui permettrait – enfin – aux cyclistes, aux touristes-cyclistes, aux piétons et aux automobilistes de cohabiter en particulier durant les périodes de forte affluence, l’île dispose de ressources que bien des territoires nous envient. Les innombrables chemins de traverses, tous plus accueillants les uns que les autres pourraient apporter les chaînons manquants au réseau actuel, constitué aujourd’hui presque uniquement de routes asphaltées et étroites co-utilisées par des véhicules à moteur. Mais voilà, cet idéal de mobilités douces, nous n’y sommes pas encore, faute d’aménagements, en dépit des plans successifs de 2008 puis de 2015 visant à développer des itinéraires cyclables.

Le moment est venu d’infléchir la manière d’aborder cette question importante des itinéraires cyclables à Groix. Pour deux raisons : d’une part parce que 1,7 kilomètre de piste cyclable est sur le point d’être aménagé à grands frais (900.000 euros le kilomètre) le long de la départementale D202 (autrement dit le long de la route d’Intermarché) en direction des Grands Sables et de Locmaria; et, d’autre part, parce que l’Agglo vient de voter le principe d’une modification du schéma cyclable pour 2022 avec financements à la clé, sur demande de la municipalité et de son maire, ce qui paraît une bonne idée. Sauf qu’à part quelques élus privilégiés de la majorité, aucun habitant n’était au courant. Et surtout, aucun usager n’a été consulté sur le nouveau plan jusqu’à ce jour, afin de permettre de l’adapter aux besoins réels. 

Pour les Groisillons, cyclistes ou non, une occasion se présente pourtant de faire connaître leur point de vue : il reste en effet quelques jours pour participer à l’élaboration du baromètre des villes cyclables organisé par la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette). Ce baromètre existe depuis 4 ans et connaît un accueil grandissant dans le public. Il constitue un outil efficace pour négocier des améliorations avec les communes. Pour y participer, il faut répondre à un questionnaire composé d’une trentaine de questions portant sur la sécurité des itinéraires, leur étendue, les équipements en matière de stationnement, le recensement des points dangereux, etc. 

DATE LIMITE POUR PARTICIPER : le 30 novembre 2021

Contribuer est important, car ne seront publiés que les résultats des communes dont le nombre de participants est supérieur à 50. À Groix, à ce jour, nous n’en sommes pas loin, mais la participation reste encore insuffisante. C’est donc le moment ou jamais de répondre au questionnaire.  

Pour ce qui nous concerne, sans attendre les résultats de l’observatoire, nous, élus d’opposition et membres de l’Avenir de Groix, travaillons à un diagnostic de la situation cyclable assorti de propositions. Nous souhaitons associer toutes les bonnes volontés qui voudront bien apporter leur contribution à l’élaboration d’un projet d’île cyclable correspondant aux besoins réels des utilisateurs. Si vous êtes intéressés, faites-le nous savoir par l’intermédiaire de la messagerie de ce site. Nous prendrons rapidement contact avec vous pour mettre en place un groupe de travail sur le thème des mobilités douces. À bientôt donc.

Deviner l’avenir a travers la routine d’un conseil municipal banal

Sous les allures d’un ordre du jour de conseil municipal routinier, il arrive parfois que se cachent des sujets importants pour l’avenir de Groix. Comme s’il s’agissait d’un jeu de piste à l’usage des élus d’opposition et des citoyens de Groix qui ne sont pas dans le secret des dieux. Voilà qui résume bien la séance du 13 octobre dernier qui s’annonçait de pure routine avec ses passages obligés en matière de validation des mouvements comptables à l’intérieur du budget communal et d’informations légales. Comment se sont révélés les enjeux masqués de cet ordre du jour en apparence plan-plan ? Tantôt l’actualité a bousculé l’ordre prévu des choses, tantôt les échanges en cours de Conseil, ou parfois les interventions de l’opposition que nous sommes, notamment à l’occasion des questions diverses. Voici ce qu’il faut retenir d’essentiel de ce conseil concernant la vie de la commune.

 1 – Quel avenir pour le VVF de la plage des Grenats ?

Avec ses 40 logements et ses 211 lits, le VVF (Village Vacances Familles) dispose de la plus grosse capacité hôtelière de l’île. La commune étant propriétaire du terrain, son rôle est donc essentiel dans l’avenir du site. Situés dans un cadre exceptionnel qui à lui seul devrait assurer leur attractivité, les locaux n’ont pas bénéficié de l’entretien qui leur aurait permis de se maintenir aux normes contemporaines des structures de vacances familiales. Le bail qui lie le VVF à la commune arrive à échéance et a déjà été prolongé d’un an l’an dernier en vue de trouver une solution pour pérenniser le lieu et son exploitation, ou l’abandonner, tant les travaux de rénovation paraissent importants, d’où l’urgence de tout remettre à plat. Il est à noter que jusqu’en 2020, aucun loyer, qui aurait pu permettre l’entretien des lieux, n’avait été demandé à VVF par la commune, ce dont nous nous étions étonnés lors du Conseil du 20 décembre 2020.

La Caisse des dépôts, prête à soutenir financièrement un projet de relance du site, a mandaté un cabinet parisien spécialisé pour élaborer différents scénarios. Les résultats de l’audit devaient être communiqués en juillet dernier. Le hasard faisant bien les choses, ils l’ont été le matin même précédant le conseil lors d’une réunion à laquelle l’opposition a été conviée. Moyennant quoi d’une simple décision de prolongation du bail de trois mois comme annoncé, des informations essentielles pour l’avenir du site ont été échangées.

Qu’est-il ressorti de cette réunion qui a fait l’objet d’un bref compte rendu par le Maire lors du Conseil municipal ? Compte tenu des possibilités très limitées d’extension, du fait des contraintes d’urbanisme, le scénario de maintien de la nature du site tout en lui offrant une remise à niveau conséquente pour le rendre attractif semble le plus vraisemblable. Et ce d’autant plus qu’un consensus s’est dégagé au sein du Conseil municipal sur l’objectif de préservation du caractère familial de la clientèle du site, dont les élus, de la majorité comme de l’opposition, souhaitent que la commune garde la propriété. Sur cette base, un appel d’offres va être lancé auquel participera VVF. Pour en suivre le déroulé, une commission a été créée à laquelle participeront des élus issus de la majorité et un élu de l’opposition ainsi que des experts venus du monde du tourisme. En séance, nous nous sommes réjouis de cette méthode de travail qui vise à réunir toutes les compétences dont dispose la commune pour construire un projet au mieux des intérêts collectifs. Nous réclamons depuis le début de la mandature et à chaque fois que l’occasion s’en est présentée ce type de fonctionnement. Cette fois, le maire a donné suite à notre demande, dont acte.  

En l’attente des résultats, une prolongation du bail jusqu’en décembre 2022 a été votée à l’unanimité.

2 – Quel avenir pour le port de plaisance et ses pontons à bout de souffle?

À l’occasion d’une décision modificative du budget du port, il a été rappelé par l’adjoint chargé des ports, des activités maritimes et du littoral, Thierry Bihan, combien le remplacement des pontons était devenu urgent. Chaque utilisateur de ces installations a d’ailleurs pu s’en rendre compte, un fort coup de vent risque de les emporter tant ils sont minés par l’usure accumulée depuis une quarantaine d’années. Leur remplacement a été programmé lors du vote du budget au printemps dernier et le principe d’une expertise visant à établir un cahier des charges des travaux a été voté. En l’attente des résultats, des travaux urgents de consolidation ont été engagés. Cela ne sera malheureusement pas le cas du projet d’aire de carénage, espérée et promise depuis longtemps, mais qui, une fois de plus, a été mis en attente. Nous l’avions inscrit à notre programme électoral lors des élections municipales de 2020, et régulièrement nous interpellons le maire à ce sujet qui entretient le flou. 

3- Quel avenir pour le stationnement à la gare maritime de Lorient?

Nous avons inscrit ce sujet épineux à l’ordre du jour via les questions diverses. Passons rapidement sur la polémique qui s’est installée entre le maire et nous sur qui, de l’opposition ou de la majorité, a pris l’initiative d’une négociation avec la municipalité de Lorient pour obtenir des tarifs adaptés aux besoin des Groisillons et de ceux qui se rendent chaque jour sur l’île pour les besoins de leur activité professionnelle. Nous avons déjà donné tous les arguments du débat sur le site de l’Avenir de Groix.

Malgré le vote du Conseil municipal de Lorient concernant la grille des tarifs, entérinant le montant d’un abonnement à 120 euros réservés aux usagers pendulaires, nous considérons que le dossier n’est pas clos et l’avons fait savoir au Maire. En effet, des tarifs spéciaux week-end destinés notamment  aux familles des Groisillons rendant visite à leurs parents restent à mettre au point, une proposition retenue par le maire de Lorient et qu’il s’est proposé de la mettre à l’étude. Nous avons demandé au Maire de soutenir cette proposition. Sa réponse des plus floues et des plus politiques laisse à penser qu’il n’en fera rien. Comme nous l’avons fait pour l’abonnement pendulaire à 120 euros, nous userons de tous nos appuis pour faire progresser nos propositions de tarifs aménagés.

4 – Quel avenir pour la DSP de la Compagnie Océane ?

 Voilà une question sensible pour les habitants de l’île, si sensible qu’en 2014, la nouvelle DSP (délégation de service public) avait mis le feu aux poudres et précipité le mouvement des « cirés jaunes ». Nous avons donc interpellé le maire à l’occasion d’une question diverse, alors qu’aucune information n’a, à ce jour, filtré sur les demandes particulières que la commune aurait transmises à la Région chargée d’établir le nouveau cahier des charges de cette nouvelle DSP. 

Après avoir tergiversé en expliquant que la commune n’avait pas compétence pour intervenir dans l’élaboration du cahier des charges, Dominique Yvon a exhumé de ses dossiers un courrier qu’il a envoyé au Président de Région, établissant une liste – fort intéressante au demeurant, pour le peu qui en a été lu sur le moment – des revendications de Groix concernant le transport maritime. Piochant dans son courrier, il a cité le besoin d’adapter les horaires de passage des rouliers aux besoins des usagers et non à ceux de la gestion du personnel, la mise à disposition des passagers handicapés d’une voiturette électrique afin de faciliter la montée de la passerelle à l’arrivée à Lorient. Il a en outre évoqué la mise en place d’une Commission des liaisons maritimes et la communication aux municipalités des bilans financiers des liaisons maritimes toujours promis mais jamais envoyés par la Région. Enfin, il a rappelé qu’il demandait le paiement de droits de quai à la commune, une révision du pourcentage sur les passages en particulier lorsqu’ils sont couverts par des abonnements qui pour l’heure ne sont pas soumis à commission.

Où en serions-nous de l’information sur les négociations en cours entre la Région et la Compagnie Océane si nous n’avions inscrit le sujet à l’ordre du jour de ce Conseil, le troisième de l’année 2021, autrement dit l’occasion rare d’informer les citoyens de l’état des affaires de la commune ? Car soyons clair : il est question là de démocratie locale. Bien que le maire prétexte que, juridiquement, la DSP relève de la compétence de la région et non de la commune, comment peut-on imaginer que la Région ne consulte pas Groix quand il est question de leur moyen de transport quotidienr ? Quelle mauvaise manière de construire une politique locale sur un tel sujet en tenant la population à l’écart quand par ailleurs la Compagnie océane, qui est à la fois juge et partie dans le contexte actuel de renouvellement de la DSP, mobilise des cabinets spécialisés pour sonder les besoins des passagers ? En conséquence, nous avons fait remarquer que, comme pour l’avenir du VVF, une commission de réflexion destinée à recueillir les demandes et expériences de tous aurait été la bienvenue. Nous, élus d’opposition, aurions évidemment accepté de faire partie de cette commission. Nous aurions notamment pu faire valoir les demandes des artisans de l’île comme celles des particuliers – comme une question de la salle l’a souligné – concernant le transport prohibitif des matériaux, calculé sur le volume de certaines catégories de marchandises transportées et non sur leur poids, ce qui pénalise notamment le transport des matériaux d’isolation et, par conséquent, la politique de réduction du coût énergétique de l’habitat et la lutte contre le réchauffement climatique. Pas de réponse du Maire. Mais peut-être le temps fera-t-il son effet et d’ici quelques semaines, une commission sera-t-elle créée ? Restons optimistes.