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L’Avenir de Groix vous présente ses vœux

Comme beaucoup d’entre vous, nous espérions que les vœux 2022 ne ressembleraient pas à ceux de 2021, en “présentiel” et non en “distanciel” pour utiliser un nouveau langage créé pour l’occasion. « 2021 a été chagrin, mais en 2022, ça ira mieux » pensions-nous en terminant l’année, espérant laisser la Covid dernière nous, enfin. Mais voilà, le virus est encore là, de plus en plus contagieux bien que moins agressif, notamment grâce aux vaccins, certains d’entre nous peuvent en témoigner pour avoir été déclarés positifs entre Noël et le Jour de l’an et contraints à s’isoler durant une dizaine de jours. 

Si le début 2022 reste tout aussi compliqué que l’année précédente, gardons néanmoins confiance et espoir pour cette année qui commence. Souhaitons que le virus n’entame pas nos valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité. 

L’Avenir de Groix présente donc ses meilleurs vœux à tous ceux qui nous suivent, à tous ceux qui, de plus en plus nombreux en 2021, nous ont manifesté leur confiance, et aussi à tous ceux qui nous ont fait l’honneur et le plaisir de nous lire ou de nous écouter quand l’occasion s’est présentée. Que cette année vous soit favorable, qu’elle réponde à vos aspirations aussi bien collectives qu’individuelles, qu’elle vous donne la force d’agir pour y parvenir. 

Bonne et heureuse année à toutes et à tous. Soyez certains que nous aurons à cœur de répondre à vos attentes, comme nous l’avons tenté en 2021. Soyez également assurés que nous nous attacherons à ce que la population groisillonne soit consultée et associée aux décisions qui sont prises par sa commune, pour que vive l’espoir d’une démocratie participative

Une journée parmi les déchets (1 sur 2)

Poubelles jaunes, bleues, vertes, containers à bouteilles ou à papiers, déchèterie. C’est désormais entré dans les mœurs et le quotidien de toutes et tous, à Groix comme ailleurs nous trions de plus en plus nos déchets. Dès lors, de nombreuses questions surgissent rapidement. Qu’est-ce que tout cela devient ? Est-ce que le mal que je me donne en vaut la peine ou bien tout est-il finalement incinéré ou enfoui on ne sait où ni comment ? Ai-je bien raison de mettre ceci ou cela dans telle poubelle ? Devrais-je séparer les différents éléments des emballages puisqu’à Groix tout va dans la même poubelle (la jaune) ? Etc. Ces questions me tarabustaient depuis un bon moment, lorsque nous avons appris l’existence de l’opération “Semaine des réduction des déchets”, organisée par Lorient agglomération.

Me voilà donc inscrit pour les visites de l’installation de stockage des déchets non recyclables, à Kermat(1), le centre de tri des emballages – Adaoz(2) – et les ateliers de la recyclerie, situés juste en face du centre. Une journée bien remplie, débutant par le bateau de 6h50, les créneaux qui auraient permis une meilleure optimisation du temps affichant déjà complet au moment de mon inscription. On peut au moins en déduire que cette opération de communication et d’information a su trouver son public.

Je peux le dire tout de suite, j’ai été très satisfait de ces visites et de la somme d’informations qu’elles m’ont apportées. J’exprimerai juste un regret concernant la chaîne de tri qui était à l’arrêt, du fait d’une opération de maintenance. Il y a certaines machines que j’aurais bien voulu voir en fonctionnement, notamment celle qui effectue un tri optique afin d’opérer une première séparation en différentes catégories des déchets issus de nos poubelles jaunes, les emballages.

Pour les raisons de créneaux disponibles évoquées précédemment, j’ai commencé les visites par la fin, si l’on considère le parcours des déchets de leur production jusqu’à leur « apparente disparition », c’est-à-dire le centre d’enfouissement des déchets de Kermat. 

La première découverte, avant même de commencer la visite, c’est que la gestion des déchets de Lorient agglomération possède du personnel permanent exclusivement dédié à l’information, la communication, la formation pédagogique et l’assistance au public. Et, de fait, je dois souligner la qualité du matériel pédagogique et des intervenants, ainsi que l’intérêt que j’ai éprouvé à participer à ces visites, à profiter d’une information riche et structurée et à recevoir des réponses à mes questions et à celles des autres visiteurs et visiteuses.

Kermat, c’est là qu’aboutissent les déchets ultimes, ceux qui ne seront ni recyclés, ni valorisés, ni réemployés, et qui sont catégorisés comme non dangereux. Le site possède trois zones d’enfouissement (dites “Kermat 1” à “Kermat 3”). Kermat 1 a été exploitée de 1992 à 2006 accueillant 1 million de tonnes enfouies sur 30 m de profondeur et Kermat 2 de 2006 à 2016 pour 400 000 tonnes sur 10 m de profondeur. Depuis 2016, Kermat 3 (découpée en 12 alvéoles séparées) accueille désormais les déchets, avec une capacité pouvant aller jusqu’à 500 000 tonnes, également sur 10 m de profondeur.

Il faut comprendre que les zones d’enfouissement en Bretagne ne sont pas très nombreuses, du fait de la constitution du sol (granitique et fissuré), et que notre capacité à enfouir de la sorte nos déchets n’est pas infinie. L’horizon se rapproche même assez vite en ce qui concerne Kermat. L’exploitant estime que, si nous tenons les objectifs actuels de réduction des déchets, Kermat pourrait tenir son rôle jusqu’à la limite fixée par l’autorisation d’exploitation soit 2039. En revanche, si l’on continuait à produire autant de déchets ultimes qu’actuellement on pourrait se retrouver le nez dans le mur dès 2032 (dans 10 ans seulement).

Pour donner une idée sur l’évolution récente, Kermat traitait 48 000 tonnes de déchets ultimes en 2016, traite environ 34 000 tonnes par an actuellement et vise les 20 000 tonnes en 2025. Passer de 34 000 tonnes à 20 000 sur les 4 années qui viennent est un sacré défi. Et celui d’arriver à zéro déchets ultimes en 2039, ne l’est pas moins. En effet, à la question « Et quand Kermat 3 sera plein, que se passera-t-il, comment fera-t-on ? », il n’y a actuellement pas d’autre réponse apportée que l’absence de déchets ultimes.

Pour en savoir plus, notamment comprendre comment sont captés et traités les jus (lixiviats) qui s’écoulent en fond d’alvéole et les gaz qui s’en échappent, ainsi que la façon dont ces derniers sont valorisés, vous pouvez cliquer sur le lien situé en fin d’article. Vous y verrez également la reproduction des panneaux pédagogiques disposés le long du parcours que nous avons effectué lors de la visite, et qui résument bien l’essentiel de ce qu’il faut savoir.

Dans le prochain article, je vous ferai part de ce qui a retenu mon attention dans les visites du centre de tri et de la recyclerie.

En savoir plus sur Kermat

  1. ISDND Lorient Agglomération
    Chateau de Kermat, Lieu-dit, 56650 Inzinzac-Lochrist

Adaoz – Centre de tri des emballages et unité de traitement biologique des déchets
267 rue Jacques Ange Gabriel, 56850 Caudan

prochain Conseil municipal le 15/12/21

Le prochain conseil municipal se tiendra ce mercredi, le 15/12/21, à 17heures dans la nouvelle salle inte-générationnelle en raison de la nécessaire préparation de la salle des fêtes pour la séance de vaccination du lendemain; Pour mémoire, la salle inter-générationnelle se situe en face de la salle des fêtes, des l’autre côté du parking.

Ordre du jour :

  1. Approbation du PV du conseil municipal du 13 octobre 2021,
  2. Finances — Décision modificative 1103 budget principal
  3. Finances — Décision modificative 113 port
  4. Finances — Décision modificative n2 budget camping
  5. Finances — Autorisation d’engager, liquider et mandater les dépenses d’investissement
  6. Finances — Tarifs communaux 2022 7. Ressources humaines – Désignation du coordonnateur communal du recensement de la population et rémunération des agents enquêteurs
  7. Ressources humaines — Mise à jour du tableau des emplois permanents
  8. Tourisme – Demande de dénomination de commune touristique
  9. Institutions et vie politique – Attributions de compensation
  10. Finances — Révision loyers
  11. Action sociale — Signature de la Convention territoriale globale (CTG)
  12. Intercommunalité— Rapport d’activité de Lorient Agglomération
  13. Institutions et vie politique – Décisions du maire prises par délégation
  14. Questions diverses.

A quoi sert Kersanté ?

« Pas de médecins à Groix la première semaine de décembre » a publié le Télégramme le 5 décembre dernier. Citant le maire, Dominique Yvon, qui s’est exprimé le 4 décembre dernier au cours de la fête de la Sainte-Barbe organisée par les Sapeurs pompiers, l’article précise que la situation sanitaire de l’île est si tendue que les nouveaux arrivants pourraient être tentés de quitter l’île si des solutions ne sont pas trouvées rapidement. Et pour cause : une brève consultation du site internet de Kersanté, le prestataire de service mandaté par ARS au mois d’avril dernier pour recruter des médecins, indique qu’aucun rendez-vous de médecine générale ne peut être pris avant… le 13 janvier prochain.

Dans le même article, on apprend que l’ARS (Agence régionale de santé) réalise depuis trois mois un audit sur l’île visant à construire une solution durable pour que Groix retrouve très vite un ou plusieurs médecins capables d’assurer une permanence de soins sur l’île. Dès lors, une question se pose : pourquoi faut-il trois mois, et peut-être un mois supplémentaire, pour constater que Kersanté est en échec depuis le mois de septembre dernier ? 

Chacun a pu constater que depuis cette date, à de très rares exceptions, Kersanté ne propose pas de rendez-vous avant le début du mois de janvier, avançant comme argument qu’aucun médecin n’est volontaire pour venir sur l’île. Aucun médecin ne serait prêt à venir sur l’île, vraiment ? Selon nos informations, des médecins ayant effectué des remplacements à Groix au cours des deux dernières années se sont étonnés de ne pas avoir été contactés par Kersanté pour savoir s’ils étaient prêts à effectuer quelques vacations, alors même qu’ils étaient prêts à le faire. De fait, le médecin annoncé pour les trois dernières semaines de décembre(le Télégramme du 7 décembre) a été débusqué par… l’audit, et non par Kersanté. Chacun en tirera les leçons.

Toujours dans le même article du Télégramme, Frédéric Delange, président de l’APSIG, association des professionnels de santé de l’île de Groix, fait part malgré tout de son optimisme pour les semaines et les mois à venir. Nous souhaitons vivement qu’il voie juste.

Dans l’attente de jours meilleurs, Cinef’îles et les professionnels de santé de Groix se sont associés pour organiser une soirée le 17 décembre prochain au Cinéma des familles à 20h30 sur le thème du manque de médecin dans un territoire isolé et comment en retrouver. Le film “La grande séduction” sera projeté suivi d’un débat organisé par les professionnels de santé de Groix. 

Faisons de Groix un modèle de territoire cyclable

Et si Groix devenait le paradis du vélo ? C’est possible, d’autant plus rapidement que des aménagements ont déjà été réalisés, insuffisants certes, mais réels. Pour parvenir à ce qui permettrait – enfin – aux cyclistes, aux touristes-cyclistes, aux piétons et aux automobilistes de cohabiter en particulier durant les périodes de forte affluence, l’île dispose de ressources que bien des territoires nous envient. Les innombrables chemins de traverses, tous plus accueillants les uns que les autres pourraient apporter les chaînons manquants au réseau actuel, constitué aujourd’hui presque uniquement de routes asphaltées et étroites co-utilisées par des véhicules à moteur. Mais voilà, cet idéal de mobilités douces, nous n’y sommes pas encore, faute d’aménagements, en dépit des plans successifs de 2008 puis de 2015 visant à développer des itinéraires cyclables.

Le moment est venu d’infléchir la manière d’aborder cette question importante des itinéraires cyclables à Groix. Pour deux raisons : d’une part parce que 1,7 kilomètre de piste cyclable est sur le point d’être aménagé à grands frais (900.000 euros le kilomètre) le long de la départementale D202 (autrement dit le long de la route d’Intermarché) en direction des Grands Sables et de Locmaria; et, d’autre part, parce que l’Agglo vient de voter le principe d’une modification du schéma cyclable pour 2022 avec financements à la clé, sur demande de la municipalité et de son maire, ce qui paraît une bonne idée. Sauf qu’à part quelques élus privilégiés de la majorité, aucun habitant n’était au courant. Et surtout, aucun usager n’a été consulté sur le nouveau plan jusqu’à ce jour, afin de permettre de l’adapter aux besoins réels. 

Pour les Groisillons, cyclistes ou non, une occasion se présente pourtant de faire connaître leur point de vue : il reste en effet quelques jours pour participer à l’élaboration du baromètre des villes cyclables organisé par la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette). Ce baromètre existe depuis 4 ans et connaît un accueil grandissant dans le public. Il constitue un outil efficace pour négocier des améliorations avec les communes. Pour y participer, il faut répondre à un questionnaire composé d’une trentaine de questions portant sur la sécurité des itinéraires, leur étendue, les équipements en matière de stationnement, le recensement des points dangereux, etc. 

DATE LIMITE POUR PARTICIPER : le 30 novembre 2021

Contribuer est important, car ne seront publiés que les résultats des communes dont le nombre de participants est supérieur à 50. À Groix, à ce jour, nous n’en sommes pas loin, mais la participation reste encore insuffisante. C’est donc le moment ou jamais de répondre au questionnaire.  

Pour ce qui nous concerne, sans attendre les résultats de l’observatoire, nous, élus d’opposition et membres de l’Avenir de Groix, travaillons à un diagnostic de la situation cyclable assorti de propositions. Nous souhaitons associer toutes les bonnes volontés qui voudront bien apporter leur contribution à l’élaboration d’un projet d’île cyclable correspondant aux besoins réels des utilisateurs. Si vous êtes intéressés, faites-le nous savoir par l’intermédiaire de la messagerie de ce site. Nous prendrons rapidement contact avec vous pour mettre en place un groupe de travail sur le thème des mobilités douces. À bientôt donc.

Inquiétudes à la Maison de santé : les médecins intéressés se défilent

Plus d’un habitant de Groix a été confronté à la même expérience que celle à laquelle nous venons de procéder. Nous avons en effet tenté de prendre un rendez-vous à la maison de santé de Groix pour une consultation de médecine générale via le site internet de Kersanté. Les deux premières étapes qui consistent à prendre connaissance du lieu de consultation et ensuite de choisir l’onglet correspondant à la spécialité, en l’occurrence la médecine générale, se passent bien. A la troisième, ça se corse : il s’agit de choisir le nom d’un praticien. Et là, rien, aucun nom n’apparaît, contrairement à ce qui est proposé dans le centre Kersanté de Lorient où huit médecins sont disponibles. Vient alors le calendrier. Au moment où nous avons consulté le site de réservation (le 29 septembre), une seule journée était   proposée, le vendredi 1er octobre. Pour les autres jours du mois d’octobre, rien, et encore moins pour les mois à venir. Comment interpréter ce vide ?

Selon les informations que nous avons recueillies auprès des professionnels de santé de l’île, les candidats médecins pour occuper un poste à Groix via Kersanté ne se bousculent pas au portillon. Ou plus précisément, ils semblent peu séduits par le système dans lequel leur propose Kersanté d‘entrer après avoir posé leur candidature. Rappelons en effet que le salaire proposé comporte une part fixe et une autre variable calculée à partir du nombre de consultations. Ce qui revient à exercer une pression sur le médecin pour qu’il limite au maximum la durée de ses consultations pour remplir sa journée de travail et s’assurer un revenu comparable à celui d’un médecin libéral. A moins qu’il allonge exagérément sa journée de travail.  En outre, sur une consultation de secteur 1 à 26 euros, Kersanté retient 45% pour la rémunération de son service. Si à cela on ajoute le fonctionnement chaotique de l’administration que l’entreprise de services de santé a mise en place tel que chacun a pu le constater depuis le début du mois de juillet dernier, l’ensemble des conditions d’exercice n’est pas très séduisant. 

Il faut écouter les médecins généralistes qui ont exercé à Groix par le passé pour comprendre que pratiquer la médecine sur une île éloignée des médecins spécialistes et des installations techniques de diagnostic demande un retour aux fondamentaux de la médecine généraliste. Ici plus qu’ailleurs, le dialogue avec le patient est important pour établir un diagnostic fiable. Il faut en quelque sorte être un peu spécialiste de tout, et surtout ne pas être enfermé dans un carcan économique qui pousse le médecin à multiplier les consultations et en raccourcir la durée au strict minimum. Une pratique qui semble bien éloigné de ce que propose Kersanté.

Kersanté est-il la solution miracle ?

Bref, aujourd’hui, Kersanté est dans l’incapacité d’apporter une présence médicale durable, même à court terme sur l’île. D’où une question, légitime : envoyé dans l’urgence par l’ARS (Agence régionale de santé) pour répondre aux besoins sanitaires durant l’été, ce prestataire de services de santé est-il capable de mettre en place une solution sur le long terme ?

Autre point délicat, celui de l’organisation des gardes. Il y a quelques jours encore, l’APSIG (association des professionnels de santé de l’île de Groix) se montrait sereine, espérant un partenariat avec l’hôpital de Lorient. A ce jour, rien n’est encore fait, et l’espoir que les choses se débloquent dans les jours qui viennent est assez mince.

Pas de panique pour autant. « Nous ne sommes pas abandonnés» précise Frédéric Delange, président de l’APSIG. Tous les acteurs, ARS, Préfet, mairie et professionnels de santé travaillent à la recherche d’une solution durable. « Nous avons beaucoup de contacts avec des médecins qui seraient prêts à venir dans un schéma libéral accompagné de conditions confortables d’installation. » Pas de panique donc car, il est fort probable que le calendrier des rendez-vous se remplira d’un jour sur l’autre, maintenant néanmoins les patients dans un climat d’incertitude qui pourrait en angoisser certain. C’est compliqué, mais ça n’est pas rien. Quant aux urgence elles sont toujours assurées par le SMUR qui dépêche l’hélicoptère en cas de besoin. Mais l’avenir reste à construire.

Reste que la population de l’île manifeste un besoin pressant d’informations. A cet égard, l’ESSORT (Equipe de soins et d’organisation Territoriale) a pris l’initiative d’organiser une réunion publique soutenue par la mairie le 6 octobre prochain à la salle des fêtes de Groix, une initiative que nous élus municipaux et départementaux avons appelé de nos vœux depuis plusieurs semaines.  Cette réunion est conçue comme un moment d’échange entre les professionnels de la santé et la population. Ce moment important devrait permettre à chacun de prendre la mesure de toutes les hypothèses d’organisation du système de soins sur l’île.

Marie-José Mallet, Jean-Claude Jaillette, Victor Da Silva

Kersanté : radiographie d’une association à but non lucratif

Quelle est la nature de cet organisme qui a débarqué à la maison de santé en juillet dernier?

Kersanté est la marque des centres de santé de l’ADCS (Association pour le développement des centres de santé).  Son statut associatif à but non lucratif a été rendu obligatoire par une ordonnance de 2018 fixant le statut des centres de santé. Jusqu’à ce qu’elle prenne en charge la gestion de la maison de santé de Groix à partir de juillet 2021, l’ADCS disposait de quatre centres, l’un à Paris, un autre à Rennes, un autre à Lamballe, et enfin un autre à Lorient. Depuis le début 2021, Kersanté est soutenu par le groupe de promotion immobilière Office Santé, spécialisé dans la réalisation de maisons de santé à travers la France. En janvier 2021, le groupe présidé par Stéphane Guivarc’h, revendiquait une vingtaine de réalisations et en annonçait une quarantaine à venir. A cette date le Pdg a levé 15 millions d’euros de fonds, la deuxième levée de fonds depuis son lancement en 2014. En 2018 il avait déjà levé 2 millions d’euros. A son capital figurent des groupes comme Apivia Macif Mutuelle, MBA Mutuelle, Groupama Bretagne et le constructeur Trecobat. Outre des prestations immobilières, Office santé propose, à travers une filiale spécialisée, des services « libérateurs de temps médical» selon la plaquette de présentation. En 2020, Office santé a réalisé 17 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 5 millions d’euros en 2018.

Les liens entre Kersanté et Office santé sont si étroits, que le médecin dépêché par Kersanté pour faire fonctionner la maison de santé de Groix – après le démarrage chaotique de l’été dernier conduisant à la démission des deux médecins salariés – n’est autre que la directrice des affaires médicale d’Office santé, la docteure Laurence Marrié. Dès son arrivée à la mi-septembre, cette dernière s’est attachée à (re)donner une image positive de Kersanté, déclarant  dans Ouest France (23/09/2021) : «Kersanté est une association loi 1901 à but non lucratif. Les médecins y sont salariés et travaillent à leur rythme, soit 15 à 30 minutes de consultation en fonction des patients et des pathologies. Aucun rendement ne leur est demandé. Il faut juste équilibrer les comptes. Si toutefois il y a des bénéfices, ils sont réinvestis dans du matériel ou du personnel – des assistantes médicales par exemple – pour libérer aux médecins encore plus de temps avec leurs patients quand cela est nécessaire. »

Aucun rendement demandé vraiment ? Formellement c’est exact. Mais l’existence dans la rémunération du médecin salarié de Kersanté d’une part variable calculée en fonction du nombre de consultations installe une pression forte sur le nombre de consultations journalières. Ce qui a comme conséquence soit d’augmenter la durée quotidienne du travail, soit de réduire la durée des consultations à leur minimum. Dire que c’est une manière détournée d’imposer un rendement ne serait que le produit d’un mauvais esprit…

Les Semeurs de Santé sont de retour à Groix.

Qui sont-ils ? 

Six partenaires qui proposent des actions de promotion de la santé en zones rurales et insulaires, en lien étroit avec les acteurs de ces communes : l’ARS, l’Escargot Migrateur, France Assos Santé, l’EHESP, Plateforme ETP et Cap autonomie santé.

L’ action des Semeurs de Santé se déploie sur Groix depuis 2018. Leur objectif est d’accompagner les initiatives favorisant le bien-être, le lien social et d’améliorer la santé sur les communes de Groix, Gourin et Scaër.

Ils s’inscrivent dans la démarche d’éducation thérapeutique du Pôle santé de Groix.

La réunion organisée le jeudi 30 septembre de 18h30 à 20h00 à la salle des fêtes aura pour thématique

De l’enfance à l’adolescence : prévention des conduites à risque.

Son objectif est d’échanger collectivement sur des constats, de partager sur les projets déjà en cours et d’imaginer des pistes d’action possibles qui pourraient être portées collectivement.

Il est nécessaire de s’inscrire au préalable par mail auprès de Claire Cornelissen, chargée de projet Cap autonomie santé : c.cornelissen@capautonomiesante.bzh.

La vérité sur la pénurie de médecins à Groix

A Groix, pour le commun de ses habitants, tout semblait aller pour le mieux en matière d’organisation des soins jusqu’à la mi-août de cette année. Médecins, dentiste, kinésithérapeute, orthophoniste, pharmaciens, infirmiers, opticiens, tous les professionnels de santé faisaient de leur mieux pour répondre aux besoins. Et, cerise sur le gâteau, depuis le début de l’année, une maison de santé flambant neuve construite par la collectivité donnait le sentiment qu’on entrait dans une ère nouvelle où la permanence des soins serait encore mieux assurée, où des spécialistes venus régulièrement du continent apporteraient leur expérience, où les moyens techniques et informatiques nouveaux amélioreraient les conditions de travail des praticiens. Mais déjà, en prêtant une oreille attentive, on pouvait percevoir que le surmenage gagnait les médecins et les infirmiers, en évident sous-effectif  aggravé par la crise de la COVID-19. Mais malgré les à-coups et les chaos, tout allait bon train grâce à l’action de l’Apsig (Association des professionnels de santé de l’île de Groix) présidée par le pharmacien Frédéric Delange qui a su ajuster l’organisation aux soubresauts des besoins.

Et voilà, qu’à la fin du mois d’août, un coup de tonnerre claque dans le ciel médical groisillon : les deux médecins pratiquant à l’année, Faustine Vuillat et Hélène Szczepanski ont « démissionné », selon le terme qui a parcouru l’île tel une trainée de poudre. Première surprise, de quelle structure les deux médecins peuvent-ils « démissionner », chacun – du moins celui qui n’est pas proche du milieu médical groisillon ou de la municipalité – ne voyant pas comment un médecin peut exercer son activité ailleurs que dans son cabinet, donc pour son propre compte. Alors démissionner… Fermer boutique, mettre la clé sous la porte, peut-être, mais démissionner ?

De plus en plus de médecins sont salariés

A dire vrai, l’exercice de la profession de médecin a beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années. L’image du médecin de campagne arpentant son territoire de l’aube au crépuscule, été comme hiver, qu’il vente ou qu’il pleuve, est en passe de disparaître. Les jeunes médecins, qu’ils soient homme ou femme, aspirent à une qualité de vie différente, où travail et vie personnelle cohabitent harmonieusement, sans pour autant négliger leur mission. Pour y parvenir, certains cherchent à se regrouper afin de mutualiser les fonctions administratives et mettre en commun les équipements devenus trop onéreux. C’est ainsi qu’à Groix est née la maison médicale autour de trois médecins généralistes,et d’un dentiste. Eric Régénermel, André Romieux et et Pierre Lesage. D’autres, poussant plus loin encore le souci d’alléger leur pratique médicale des tâches administratives, préfèrent le salariat à l’exercice libéral avec un cabinet et une clientèle bien à soi. Sentant la demande grandir, des organisations – souvent sous forme associative à but non lucratif ce qui n’empêche pas la recherche du profit – ont fleuri, offrant en contrepartie d’un salaire régulier un service clé en main aux praticiens où ils assurent les tâches administratives, la prise de rendez-vous et surtout – tâche oh combien chronophage pour un praticien libéral – le recrutement des remplaçants ou des renforts dans les zones touristiques. A un inconvénient de taille près : le but non lucratif n’empêche pas la recherche de la rentabilité. Et l’on va voir combien cet élément pèse sur la crise que connaît Groix. Kersanté, émanation  de l’Association pour le développement des centres de santé, qui gère désormais la maison de santé de Groix est représentatif de ce nouveau courant. Implantée en Bretagne et à Paris 19ème, Kersanté aspire à un développement rapide.

Mais revenons à la « démission » de nos deux médecins groisillonnes. Si elles ont « démissionné » dans le courant du mois d’août, c’est qu’en réalité elles étaient devenues salariées de Kersanté depuis le 1er Juillet. Deux questions se posent dès lors. 1 – Avaient-elles fait ce choix en toute connaissance de cause ? 2 – Pourquoi ont-elles démissionné aussi rapidement et quels événements particulièrement graves ont -ils précipité leurs décisions ? Nous, élus d’opposition, avons cherché patiemment les réponses à ces questions qui trottent dans toutes les têtes groisillonnes.

Kersanté débarque dans l’urgence sur l’île

Dès le mois d’avril dernier, l’une des deux médecins encore dans l’exercice libéral, durement éprouvée par le rythme infernal de son travail – de trois plus un mi-temps du temps du trio Régénermel/Romieux/Lesage il y a une dizaine d’années, le nombre de médecins est passé à deux, alors que la fréquentation de l’île ne cesse d’augmenter – a fait part de son intention de prendre du champ. Devant la pénurie de médecins qui menaçait, l’ARS (Agence régionale de santé) a cherché une solution de remplacement dans l’urgence sans trouver de solution pérenne. C’est alors qu’au seuil de la saison estivale, l’Agence s’est tournée vers Kersanté qu’elle a missionnée pour recruter des médecins et organiser l’activité des médecins locaux. Et c’est ainsi que dans l’urgence, en quelques semaines, Kersanté a pris le contrôle de la maison de santé et salarié les deux médecins jusqu’alors libérales. Selon nos informations, l’ARS a dû bousculer le protocole d’agrément habituel, bien plus long d’ordinaire, pour être prêt au 1er juillet. Quant à Kersanté, habitué à monter des projets de maisons de santé de A jusqu’à Z, il a dû s’adapter sans pour autant avoir pris le temps de bien évaluer la situation particulière d’une île touristique. Combien de médecins pour la saison estivale, quelle durée de consultation, comment seraient gérées les urgences, quelle formation pour les assistantes, tout cela a été balayé à grande vitesse.

Pourquoi les deux médecins ont-elles démissionné aussi rapidement ? Une partie de la réponse se trouve dans ce qui a été énoncé précédemment : retard dans la formation du secrétariat, incompréhension des besoins durant la période estivale, retard dans le règlement du salaire, etc. Mais là n’est peut-être pas le plus important.

En effet, le contrat passé entre le médecin salarié et Kersanté prévoit que son salaire comporte une part fixe et une part variable établie selon le nombre de consultations réalisées. Moyennant quoi, pour s’assurer un revenu comparable à celui qu’il se verse en tant que praticien libéral, le médecin doit soit raccourcir la durée des consultations pour en réaliser un maximum dans sa journée de travail, soit allonger ses journées de travail, ce qui devient rapidement contradictoire avec l’objectif recherché d’amélioration de la qualité de sa vie personnelle. Autrement dit, sans l’annoncer formellement, Kersanté contraint ses salariés à réduire le temps de consultation au minimum, moins de 15 minutes selon nos informations.

Moralité : ne voulant pas se plier à cette loi d’airain, et déçues par les promesses  d’organisation idylliques sur le papier mais décevantes dans la réalité, nos deux médecins ont préféré rendre leur tablier.

Groix va-t-elle manquer de médecins

NON, en tout cas pas dans l’immédiat. Des solutions ont été trouvées pour le mois de septembre où un ancien médecin (Françoise Tattevin)  reprend du service une semaine par mois complétée par l’arrivée de médecins vacataires envoyés par Kersanté. Néanmoins, certains jours les gardes de nuit ne peuvent être assurées. Pour les urgences, un partenariat a été trouvé avec l’hôpital du Scorf à Lorient.Une inquiétude cependant : à ce jour, aucune vacation n’est prévue pour le mois d’octobre. Mais il reste deux semaines à Kersanté pour trouver des volontaires.

Que faire pour l’avenir? Nos propositions

Le problème est simple à poser, mais extrêmement difficile à résoudre. Groix, considérée par l’ARS comme un territoire fragile du fait de son éloignement des infrastructures techniques et de ses contraintes de transport pour rallier le continent, doit disposer d’un service médical performant et permanent. Au vu des difficultés rencontrées depuis début juillet par la mise en place du système Kersanté, chacun est en droit de se demander si cette organisation est en mesure d’offrir les prestations souhaitées et d’ajuster les effectifs de médecins aux besoins réels. Cet organisme peut-il se réformer et rapprocher sa pratique de ses promesses? Les élus d’opposition de Groix demandent que l’ARS et les professionnels de santé locaux accordent quelques semaines à l’opérateur pour s’adapter aux demandes locales et intégrer les éléments de contexte ilien. A défaut, il faudra envisager un autre mode d’organisation.

Ce nouveau mode pourrait être un retour à une médecine libérale exercée sous une forme collective et pluridisciplinaire, comme fonctionnant dans l’ancienne maison médicale. Charge à l’ARS mais aussi à tous les responsables locaux, municipalité en tête, de rendre les postes suffisamment attractifs notamment en ce qui concerne le logement des futurs médecins pour que les candidats médecins se laissent séduire par notre île. Nous soutiendrons toutes les initiatives allant dans ce sens et bénéfique à l’intérêt collectif.

Voilà à ce jour où en est la situation que l’APSIG semble bien maîtriser, malgré les aléas et les rebondissements quotidiens, ce dont nous les remercions chaleureusement. Retrouver à Groix une organisation des soins efficace est une urgence. Mais ce travail doit s’effectuer sans panique ni précipitation. Telle a été notre démarche. Se hâter lentement en quelque sorte. Dans les jours qui viendront, nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet vital.

Jean-Claude Jaillette, Marie José Mallet, Victor Da Silva

Appel aux volontaires pour faire fonctionner un centre de tests Covid à Groix

A partir du vendredi 13 août 2021, Groix disposera d’un (petit) centre de tests rapides installé à la maison de santé. Son gestionnaire, Kersanté, basé à Lorient, après quelques hésitations, a accédé aux demandes de l’Apsig, (Association de professions de santé de l’ile de Groix) présidé par Frédéric Delange. « La situation est devenue ingérable » nous disait-il il y a quelques jours. Alors que la saison bat son plein et que les visiteurs affluent, impossible pour les pharmaciens comme pour les infirmiers de répondre à la demande de tests consécutive aux nouvelles mesures gouvernementales. Et partant de là, impossible pour les vacanciers de se procurer un test valide pour prendre le TGV, sauf à se rendre à Lorient.

Et puis le Fifig (Festival international du film insulaire) approche, annonçant plusieurs centaines de visiteurs supplémentaires sur 4 jours à la fin de l’avant-dernière semaine d’août encadrés de nombreux bénévoles. Des bénévoles qui rechignent à venir face à l’impossibilité de se faire tester sur l’île, plongeant les organisateurs dans des difficultés dont ils se seraient bien passés. Il fallait donc de toute urgence trouver une solution passant par l’installation d’un centre de tests sur l’île. Mais le projet se heurtait à des difficultés techniques, en l’occurrence l’installation de matériel informatique spécifique. En outre une telle installation n’enthousiasmait pas l’ARS (Agence régionale de santé) qui craignait que d’autres communes touristiques fassent la même demande. Désormais, les obstacles sont levés, et le centre verra le jour.

Urgent, trouver des volontaires

L’Avenir de Groix et ses élus ont soutenu et fortement appuyé ces démarches, tout comme l’association a soutenu la démarche des associations culturelles et des commerçants auprès de la municipalité réclamant des moyens de tests rapides. Nous nous réjouissons donc de l’issue favorable.

Reste un problème qui devrait rapidement trouver sa solution : il faut trouver du personnel volontaire pour assurer le fonctionnement de ce centre éphémère. Nous savons qu’à Groix résident des médecins, à la retraite ou encore en activité et des infirmier(e)s. 

Nous leur lançons donc un appel à se mobiliser et à donner quelques heures de leur temps pour que cette structure indispensable à la vie de l’île puisse fonctionner. 

Nous les invitons à prendre contact avec Frédéric Delange à la pharmacie qui leur fournira toutes les informations nécessaires.