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Pour un moratoire sur le projet d’éoliennes offshore Groix-Belle-Île

TRIBUNE, par Pascale des Mazery, membre du collectif Horizon Groisillon

Le gouvernement a fait connaître le 21 mai sa décision sur le projet industriel d’éoliennes flottantes au large de Groix et de Belle-Île : il ouvre un « dialogue concurrentiel » pour le choix d’un industriel qui implantera 20 éoliennes de 260 mètres de haut dans une zone dont la limite Nord est située à 28 km de Groix et la limite Est à 15 km de Belle-Île. Une seconde tranche de 40 éoliennes sera par la suite attribuée sur un périmètre recouvrant la première zone tout en la prolongeant vers le Sud.

Le gouvernement a choisi de ne pas tenir compte des conclusions du débat conduit de juillet à décembre 2020 par la CNDP (Commission Nationale du Débat public), qui insistait dans son compte-rendu sur le caractère non consensuel du périmètre d’étude soumis à consultation, et sur la place accordée à l’impact paysager dans les avis exprimés par le public. Comme l’a souligné Chantal Jouanno, présidente de la CNDP, lors de la séance de restitution de la décision gouvernementale organisée le 27 mai, la découverte d’une sensibilité très importante aux questions paysagères constituait pourtant un des principaux enseignements du débat public, qui aurait par ailleurs dû permettre aux parties prenantes de s’exprimer sur l’opportunité même d’un tel projet au large de Groix et Belle-Île, ce qui n’a jamais été le cas.

La volonté de désamorcer la colère des pêcheurs en se calant sur un des périmètres privilégiés par la profession pour installer les éoliennes explique en partie cette décision, mais elle n’explique pas tout : les pêcheurs avaient également désigné des zones plus lointaines, qui n’ont pas été retenues. Le ministère de l’environnement souhaitait également satisfaire les industriels, auxquels il demande de présenter des offres respectant le prix plafond de 120 €/MWh pour le rachat de l’électricité par EDF, ce qui est plus facile lorsque les installations sont proches de la terre.

Un choix prioritairement économique

La décision du gouvernement fait finalement primer les considérations économiques sur toutes les autres considérations, y compris environnementales, son seul engagement étant de demander au lauréat de l’appel d’offres de poursuivre les études sur l’écosystème concomitamment à la mise en exploitation des éoliennes. Sur le plan économique, les retombées en emplois locaux sont pourtant apparues singulièrement hypothétiques lors de la réunion de restitution du 27 mai : il a été rappelé que le recours à du personnel local ne pouvait pas être imposé dans le cadre d’un appel d’offre conforme au droit européen, et que la maintenance pouvait aussi être assurée par des personnels de toutes nationalités –y compris extra-européenne- acheminés par bateau.

L’association Horizon Groisillon s’est constituée après l’ouverture du débat public sur les éoliennes de Bretagne Sud pour défendre des causes qui sont exposées dans son cahier d’acteur consultable sur internet (https://eolbretsud.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EolBredSud-Cahierdacteur-14-Horizon-Groisillon.pdf) : défense de l’environnement, défense de l’horizon maritime, lutte contre les atteintes portées à des paysages exceptionnels, recouvrant plusieurs sites classés, et volonté de promouvoir une transition énergétique compatible avec ces préoccupations. Elle se bat contre certaines affirmations trompeuses, comme celle selon laquelle l’éolien maritime contribuerait à la lutte contre le réchauffement climatique : l’éolien contribue bien à la diversification du mix électrique français, mais pas à la réduction des émissions de carbone, car il se substitue en France à une énergie largement décarbonée.

La décision du 21 mai place les futures éoliennes flottantes à une distance minimale de 28 km des côtes groisillonnes, et non plus de 17 km comme c’était le cas dans le périmètre d’étude initial. Pour autant, les éoliennes resteront visibles sur la ligne d’horizon. Leur impact visuel ne sera pas celui des trois éoliennes « expérimentales » dont la mise en service, après de multiples vicissitudes, est désormais annoncé pour 2024 : ces dernières, situées à 15 km des côtes de Groix, paraîtront plus imposantes en taille au promeneur, mais le parc industriel aura une emprise sur l’horizon plus importante.

Les incohérences du projet

Il nous semble de ce fait indispensable de continuer notre combat, et de réclamer un éloignement maximal des côtes pour lequel nous ne manquons pas d’arguments. Le gouvernement n’a jamais voulu envisager une alternative à sa zone d’étude initiale au motif qu’une distance supérieure à 50 km imposerait un raccordement en courant continu, et non plus en courant alternatif, et que cette autre option serait économiquement inopportune pour un parc de 700 MW. Il est néanmoins prêt à l’envisager pour les parcs de 2000 MW qui d’après ses projections ceintureraient d’ici 10 ans les côtes bretonnes pour respecter la trajectoire tracée par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Dans le même temps, il s’apprête à dépenser 240 M€ en pure perte pour les trois éoliennes « pilotes » de Groix et Belle-Île, projet qui n’a plus rien d’expérimental puisque son calendrier percute désormais celui du parc industriel, sans permettre de retour d’expérience du prototype à la série.

Ces 240 M€ permettraient sans aucun doute de financer le surcoût que représenterait le déplacement du futur parc industriel à l’ouest de la zone choisie par le gouvernement au mépris des avis exprimés dans le cadre du débat public.

Solidaires de nos voisins de Belle-Île et de Quiberon, nous réclamons une interruption du dialogue concurrentiel lancé le 21 mai, et l’instauration d’un moratoire permettant de revoir l’économie du projet dans un sens respectueux des paysages et de l’environnement bretons. 

De maille en mailles, recycler les filets

La réflexion qui suit m’est venue au cours de parties de pêche à pied et de balades le long de nos côtes où le regard est malheureusement accroché par les déchets en plastique et des morceaux de filins divers. Je m’étais mise à imaginer des filets recyclables. J’ai fini par découvrir que cela existait déjà. 

Des  articles traitant du recyclage des filets et de la construction de bateaux dépollueurs ont éveillé ma curiosité. Il y était notamment question de cordages recyclables et compostables testés sur notre île. Le premier texte décrit la fabrication de cordages biodégradables par l’entreprise Intermas basée en Espagne, leader espagnol de la maille extrudée. (Ouest- France du 27/06/20

Christian Guyomar travaille sur un filet compostable pour la mytiliculture (l’élevage des mollusques filtreurs type moules marines) dans cette entreprise depuis plus de trois années. Ce filet  a été testé par Loïc Noiret, pêcheur de l’île. L’entreprise Chien Noir a également utilisé ces cordages toronnés et tressés pour le Parc-à-bout https://www.parcaboutgroix.com. “Plus fragile que le plastique, il ne peut cependant être utilisé pour tout” commente Christian, “mais ces cordages naturels biodégradables peuvent permettre de remplacer 15 à 20% de l’ensemble des matériaux en nylon non recyclable”. “C’est déjà un bel objectif à atteindre” .

Un deuxième article présente la fabrication de filets biodégradables par l’entreprise SeaBird basée à Larmor Plage. (Ouest France – 07/08/20). Un fileyeur en Manche a pu tester le matériel de juin à novembre 2020 pour le filet destiné à la pêche à la sole. Cet article révèle, en ce qui concerne les filets de pêche à la sole, qu’en moyenne, 8 tonnes de filets par bateau et par an sont bons à jeter. Mais leur matière en nylon ne les rend pas recyclables, ils finissent enfouis dans des centres spécialisés établis le long des côtes. S’ils sont perdus en mer, ils mettront environ 400 ans à se dégrader tout en continuant d’emprisonner des poissons et de relâcher des micros particules ingérées par les animaux marins ou finiront parfois sur les rivages. La durée de vie du filet SeaBird est de 25 à 40 ans avant de disparaître en mer. Pour mémoire, selon la Commission européenne, le matériel de pêche contenant des matières plastiques représente 27% des déchets marins retrouvés sur les côtes européennes.

Un troisième article dans (Ouest France du 12/10/20), présente l’entreprise Efinor Sea Cleanor, basée à Paimpol, spécialisée dans les navires de dépollution. Efinor dispose de différentes tailles de navire adaptés aux pêches côtières comme aux pêches hauturières ; ces bateaux récoltent les matières solides et séparent ensuite les hydrocarbures des huiles ; cette entreprise se développe (130 bateaux vendus sont en service dans le monde).

Enfin, un quatrième article dans le Télégramme du 28/11/20 présente l’entreprise Fil & Fab basée à Plougonvelin (29) spécialisée dans le recyclage des filets de pêche en les transformant en granules de polyamide (utilisés par les lunetiers et les horlogers) après les étapes de tri par couleur puis de broyage dans l’entreprise. S’ensuit l’acheminement en Italie pour le traitement par extrudation avant l’étape finale des granules.

L’objectif de cette jeune entreprise est d’acquérir sa propre machine d’extrudation et de récupérer les déchets de toute la France. Aujourd’hui, 10 tonnes de filets récupérés produisent 2 tonnes de granulés commercialisés sous le nom de Nylo. La création d’une filière nationale permettrait à l’entreprise de se développer tout en contribuant à la dépollution de nos rivages.

La liste des exemples cités est bien sûr loin d’être exhaustive, des initiatives existent aussi en méditerranée par exemple. Nous pouvons nous féliciter de ces actions mais elles nécessitent un soutien, une volonté politique pour que leurs efforts paient non pas à long terme mais rapidement parce qu’il y a urgence. Cela implique des engagements tant au niveau national que dans les comités de pêche régionaux entre autres. En effet, au-delà de la réglementation européenne traitant notamment des quotas de pêche, de la taille des maillages, des formations des professionnels et de leurs statuts, la gestion des déchets et des hydrocarbures prend toute sa dimension dans le respect de l’environnement.

Cela implique également que la réglementation européenne se préoccupe des déchets  et des hydrocarbures au même titre qu’elle se soucie des quotas de pêche, de la taille des maillages, des formations des professionnels et de leurs statuts dans un souci de respect de l’environnement.

C’est ainsi que la France a été amenée à mettre en place, en août 2018, le projet Pêche Propre, étude de préfiguration pour la mise en place d’une filière volontaire de gestion des engins de pêche usagés. 800 tonnes de filets et 400 T de chaluts usagés par an  sont à traiter dans notre pays. Et si les pêcheurs récupéraient filets et chaluts usagés ? – Journal de l’environnement – Le 26 mars 2019 par Stéphanie Senet

Et à Groix, comment ça se passe ?

Aujourd’hui, les pêcheurs professionnels déposent leurs filets et bouts usagés dans les grands bags à Port-Tudy pour être évacués vers le continent. Quant aux plaisanciers, ils déposent leurs déchets à la déchetterie.Mais que deviennent les petits morceaux de plastique et particules diverses non recyclables à ce jour dans nos déchets ? 

En attendant que nous consommions de moins en moins de matières plastiques, remettons les bacs à marée bien identifiés, dans plusieurs endroits de l’île, pour permettre aux particuliers ou aux associations de déposer les déchets ramassés le long de nos côtes. On se souvient encore de l’initiative de jeunes collégiens de Saint-Tudy qui ont inauguré deux bacs à marée à Locmaria en mai 2019 (Ouest France du 22/05/19) en présence des élus locaux et de quelques partenaires. Aujourd’hui, ils ont disparu du paysage. Pourquoi ? Plus préoccupant encore, la municipalité n’envisage pas de les remplacer. Voilà pourtant une initiative citoyenne légère et peu coûteuse que pourrait prendre sans tarder la municipalité. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, travaillons tous ensemble pour un environnement meilleur.

Liens :

Lorient. Un filet de pêche biodégradable, l’idée de l’entreprise Seabird – – Ouest-France – Par Pauline LUCAS –  06/03/2021

Mer. Les filets de pêche se mettent au bio à Lorient – Ouest-France – Par Charles JOSSE – 16/10/2019

Lorient. Un jour, les filets de pêche seront biodégradables – Ouest-France – Par Charles JOSSE – 12/02/2020

Des filets « bio » bretons pour pêcher plus écolo ! – Ouest-France – Par Charles JOSSE – 06/08∕2020

Testés en Manche, les filets « bio » pour pêcher plus écolo – Ouest-France – Par Charles JOSSE – 04/09/2020

Éoliennes en images, épisode 5 : les limites de la perception humaine (2/2)

Dans l’épisode 3 nous avions vu que des objets, même très grands, pouvaient finir par disparaître de notre vue du fait de la rotondité de la terre. Et dans l’épisode 4 nous avons vu que si la terre était plate ou si les objets volaient (comme les avions, ou plus loin la station spatiale internationale, par exemple) nous ne les verrions pas pour autant jusqu’à l’infini.

Mais comme nous le constations à la fin de l’article précédent, le sommet d’un objet terrestre ou marin disparaît beaucoup plus vite de notre vue du fait de la rotondité de la terre que du fait des limites de notre vision. Alors pourquoi aborder ce sujet dans l’article précédent ? Tout simplement parce que l’attention de tous s’est focalisée sur la grande hauteur des éoliennes dont il est question dans le projet « Groix-Belle-Île ».

Pour commencer, une petite anecdote. Depuis des décennies, court une fable qui refait surface à intervalles plus ou moins réguliers, concernant la grande muraille de Chine, prétendument le seul édifice humain visible à l’œil nu depuis la lune. Évidemment, cette affirmation est absurde.

Certains, essayant de redorer le blason de cette fable, ont suggéré ensuite qu’il fallait comprendre « depuis la station spatiale ». Manque de pot, c’est tout aussi invraisemblable, et cela a été démenti à plusieurs reprises par la plupart des visiteurs de la station spatiale internationale. C’est en effet impossible, et nous allons voir pourquoi avant de revenir à nos éoliennes.

Pour savoir si un objet est visible encore faut-il considérer toutes ses dimensions. Si nous suspendions devant nous 2 m de fil à coudre, il suffirait de reculer pas bien loin pour cesser de le voir, et ceci malgré ses 10 m de long. Concrètement, ce que nous avons vu dans l’épisode précédent signifie que la distance limite de vision d’un objet d’une dizaine de mètres de large se situe aux alentours d’une trentaine de kilomètres. La station spatiale internationale est située à plus de 400 km d’altitude. Cela implique que la taille des plus petits objets ronds ou carrés visibles est d’un peu plus d’une centaine de mètres. Par exemple, les pyramides de Khéops et Khéphren (pyramides carrées d’environ 230 et 215 m de côté, respectivement) à Gizeh sont visibles de là-haut.

La grande muraille de Chine a beau être longue de milliers de kilomètres, elle n’en disparaît pas moins aux yeux des hommes très rapidement dès qu’on s’en éloigne. Haute au maximum de 7 m et large d’au plus 5 m, même si on la regarde sous l’angle le plus favorable, l’emprise sur le paysage reste en dessous des 10 m de large et donc au-delà d’une trentaine de km elle disparaît de notre vue. Alors à 400 km de distance… Sans commentaires !

Qu’en est-il alors de nos éoliennes ? Eh bien il en va de même pour elles. Si on veut pouvoir raisonner sur leur visibilité, il faut également s’intéresser à leur diamètre ; quant aux pales il en va de même, il faudrait savoir quelle est exactement leur largeur.

Ces données ne figurant malheureusement pas dans le dossier de la consultation publique (pourquoi d’ailleurs ?) il nous a fallu recourir à un expédient pour pouvoir s’en faire au moins une idée approximative, à partir d’une photo de l’éolienne Haliade-X 12 MW, téléchargeable sur le site de General Electric(1).

À partir de cette photo, placée dans un logiciel de dessin et de la hauteur connue du mât (150 m) nous pouvons faire une estimation grossière du diamètre du mât à sa base. Ce n’est pas formidable mais cela donne un ordre de grandeur acceptable qui suffit pour la démonstration qui va suivre.

La sélection rectangulaire qui encadre tant bien que mal le mât de cette photo, dans le logiciel de dessin, fait 34 pixels x 462 pixels. Sans le biais de l’angle de prise de vue, cela donnerait une largeur de : 150 m x 34 px / 462 px = 11 m. Comme la déformation hauteur/largeur ne peut que défavoriser la hauteur, cette valeur est calculée par excès, tant mieux, on ne pourra pas penser que je cherche à minimiser l’impact sur le paysage.

Faisons comme si cette valeur était la valeur exacte du diamètre ; à partir de quelle distance le mât cesserait-il d’être visible pour l’œil humain ? Reprenons les données fournies dans l’article précédent. Pour un pouvoir séparateur de l’œil humain de 0,017 degrés un objet de 11 m de large ne pourra plus être distingué à partir de 33 km environ. On pourrait ajouter qu’à cette distance, la base du mât a disparu sous l’horizon et que la portion restante est de diamètre moindre, mais nous en sommes à un tel niveau d’approximation que ce serait ridicule d’essayer de mégoter sur quelques décimètres.

Dans l’article n° 3 sur la courbure terrestre et le passage sous l’horizon nous constations que la disparition d’une éolienne de 260 m sous l’horizon d’une personne située sur nos falaises se situerait à plus de 80 km de nos côtes. Mais ce que nous voyons aujourd’hui, c’est qu’en réalité cette éolienne devient invisible bien avant pour notre œil, qui n’a rien de bionique, du fait de son « faible » diamètre.

Conclusion : la rétine de notre œil est un espace à deux dimensions et il n’est pas toujours pertinent de se focaliser sur la hauteur ou la longueur d’un objet. Tout dépend de ce que l’on cherche à démontrer.

Nous avons déjà fait un bon tour des questions de visibilité en mer. Il serait fastidieux et hors de nos compétences de vouloir prétendre à l’exhaustivité en la matière. Nous aborderons cependant dans un 6e et dernier article quelques éléments de réflexion complémentaires sur certains facteurs augmentant ou diminuant cette visibilité.

(1) https://www.ge.com/news/press-releases/haliade-x-12-mw-de-ge-eolienne-la-plus-puissante-au-monde-produit-son-premier
(attention le fichier à télécharger est très gros, plus de 30 Mo)

Crédit photo : d’après une œuvre originale de Nicolas Perrault III

Épisode 6 à venir…

Activité touristique 2020 – Perspectives économiques 2021 (2 sur 2)

Épisode 2 : Et maintenant ?

Avril 2021 : voici une année écoulée et malgré le second confinement, puis le couvre-feu et les nouvelles restrictions de déplacement, trop de commerces doivent garder le rideau baissé. La vie culturelle est en suspens, sans visibilité sur les délais et les conditions de reprise d’activité.

En octobre dernier, les professionnels de Groix commentaient la saison 2020 (voir épisode 1 décembre 2020). Quelle est la situation aujourd’hui, comment se portent les gens, économiquement et moralement ? Comment se préparer à rouvrir, à réembaucher, à respecter les gestes barrières ? Quelles consignes respecter ?

Quelle communication la commune prépare-t-elle en direction de la population, des commerçants et des estivants, qui seront certainement très nombreux à venir, au vu des nombreuses demandes de réservation auprès des hébergeurs et de la compagnie Océane, afin que l’accueil et la vie insulaire se déroulent dans de bonnes conditions ?

Quel accompagnement est mis en place par la commune auprès des professionnels ?

Si les actions récentes liées à la situation sanitaire étaient prioritaires,  il ne faut pas occulter la nécessité de mettre en place une véritable politique touristique et économique, tenant compte de la nouvelle donne générée par la pandémie et ses conséquences. Nous voulons voir renaître une politique de tourisme durable et responsable, en concertation avec tous les acteurs locaux, et les partenaires de l’agglomération du pays de Lorient (CTRL[1], Office de Tourisme), la CCI[2], la Compagnie Océane, l’AIP[3], le département et la région. Les enjeux sont nombreux : maintien des commerces et des emplois, hébergement des saisonniers, gestion de l’offre et de la demande en fonction des flux touristiques, gestion de l’information et de la communication, ainsi que le développement du transport local et la gestion des déplacements en toute sécurité, comme acté par le PLU[4].

L’année passée, les pics de sur-fréquentation ont montré les limites au-delà desquelles les conditions de vie et la sécurité se dégradent. Sans politique de tourisme économique durable, nous risquons de revivre les mêmes désagréments de façon trop récurrente.

À courte échéance, quel comportement collectif adopter ? Quel accueil légal pratiquer dans nos hébergements, dans nos commerces ? Par exemple, quid de l’hébergement des salariés temporaires  sur l’île ? Pourrait-on avoir un référent en mairie, auprès de qui obtenir les  informations officielles et des réponses à nos questions ?

Martine Baron, Étienne Durup

  1. CTRL : Compagnie de Transport de la Région Lorientaise
  2. CCI : Chambre de Commerce et d’Industrie
  3. AIP : Association des îles du Ponant
  4. PLU : Plan Local d’Urbanisme (voté en décembre 2019)

Éoliennes en images, épisode 4 : limite de la vision humaine (1/2)

Dans l’article précédent nous avons vu que des objets, même très grands, pouvaient finir par disparaître de notre vue du fait de la rotondité de la terre. Mais si la terre était plate que se passerait-il ? Verrions-nous pour autant jusqu’à l’infini ? Évidemment non. Mais quelle est la limite ?

Il y a plusieurs limites à la vision humaine « normale » mais nous n’allons nous intéresser ici qu’à une seule d’entre elles : le pouvoir séparateur de l’œil.

Mais tout d’abord, comment caractériser quelque chose qui nous apparaît grand ou petit ? On ne peut pas le faire en donnant sa hauteur puisque plus on s’éloigne d’un objet et plus on a l’impression qu’il rapetisse. En fait, l’impression de la taille d’un objet tel qu’il nous apparaît est ce qu’on appelle la « taille apparente » ; et cette taille apparente se mesure en angle.

Le pouvoir séparateur de l’œil représente l’aptitude de l’œil humain à distinguer deux points écartés l’un de l’autre. Si on mesurait l’écart entre les points on serait obligé de préciser la distance à laquelle on regarde ; par exemple dire que la limite pour l’œil humain est d’environ 1 mm pour deux points situés à environ 3 m de l’œil.

Comme pour la taille apparente, pour exprimer cette caractéristique sans que l’écart entre les deux points à distinguer dépende de la distance à laquelle on observe on exprime cet écart sous forme d’angle.

Le pouvoir séparateur de l’œil, exprimé en angle est d’environ 1 minute d’arc, c’est-à-dire 0,017 degré. Encore faudrait-il, pour distinguer deux points aussi rapprochés qu’ils soient extrêmement contrastés par rapport au fond ; c’est donc une limite maximale rarement atteinte dans la pratique.

Conséquence : au mieux l’œil humain distingue deux points séparés de 1 mm à 3 m, de 1 m à 3 km, de 100 m à 300 km et de 260 m à 780 km.

Revenons à notre sujet. Nous l’avons dit précédemment, la terre n’est pas plate et à un peu plus de 60 km, un objet de 260 m de haut passe sous l’horizon visible d’une personne située à environ 40 m d’altitude. Alors pourquoi se donner le mal de parler du pouvoir séparateur de l’œil humain puisque les éoliennes ne volent pas et que les côtes de notre île ne dépassent pas les 40 m ?

Les plus fûté⋅e⋅s ont sans doute déjà trouvé la réponse. Pour les autres, ou pour vérifier votre réponse, rendez-vous au prochain article.

Crédit photo : Laitr Keiows

L’indispensable parking gratuit de la gare maritime

Il est des problèmes importants longtemps oubliés comme on met la poussière sous le tapis, mais qui finissent par s’échapper de leur confinement. Faut-il alors s’étonner du fracas qu’ils provoquent ?

La fréquentation du parking de la gare maritime, dernière étape avant l’embarquement pour Groix, longtemps considérée par la majorité municipale en place depuis 2014 comme un sujet tabou qu’il ne fallait surtout pas évoquer, fait partie de cette catégorie de problèmes. Car depuis longtemps déjà des voix s’élèvent pour s’étonner que les Groisillons ou des usagers réguliers du bateau peinent à trouver une place pour garer leur voiture. Un exemple ? A partir de 2008, un habitant de l’île contraint de prendre le bateau régulièrement pour rendre visite à un conjoint hospitalisé à Lorient, a arrosé toutes les autorités possibles de ses plaintes, du maire de Groix jusqu’à l’épouse du Président de la République, Brigitte Macron, en passant par le Sous-Préfet. Jusqu’à présent, ses démarches n’ont pas été couronnées de succès, mises à part quelques réponses certes bienveillantes, mais toujours évasives. 

« On ne peut rien à faire », un adjoint au maire en 2016

Cet habitant nous a même raconté comment, en 2016, lors d’une réunion avec le Sous-Préfet Treffel où le sujet du parking a été évoqué, le représentant de la mairie de Groix, un adjoint au maire, pressé par le représentant du gouvernement de faire des propositions, a fini par lâcher : « Je sais bien qu’on ne peut rien faire ! ». Et depuis, ce fatalisme est devenu une véritable doctrine pour la majorité municipale. 

Alors, quand au cours de l’été dernier, des artisans de Groix, soutenus par les élus de l’opposition, ont sonné l’alerte devant la presse locale, le couvercle de la marmite trop longtemps maintenue fermée a explosé. Ils se faisaient ainsi les porte-paroles des salariés (ouvriers du bâtiment comme fonctionnaires territoriaux ou employés de banque) qui chaque jour viennent travailler de Lorient sur l’île et qui, la saison touristique venue, ne trouvent plus de place pour y garer leur voiture, indispensable pour se rendre de leur domicile à la gare. 

Que demandaient-ils ? Que des places clairement identifiées soient réservées à ces usagers alors que certains se sont vus pénalisés d’une contravention pour avoir stationné sur une zone bleue, lassés de tourner aux alentours de la gare sans trouver de place à 7h30 du matin ; ou que d’autres renoncent même à rejoindre leur travail face au risque d’une nouvelle amende à 135 euros pour avoir stationné sur un trottoir, en désespoir de cause. La réponse de l’adjointe aux mobilités de Lorient, Laure Dechavanne, a été rapide : une centaine de places ont été ouvertes, là où les étés précédents sans Covid des forains stationnent. La solution ne pouvait être que provisoire, car dans les jours qui ont suivi, ce nouveau parking a été envahi par les voitures de touristes, très nombreux cette année à se rendre sur l’île. Quelques mois plus tard, le 15 décembre exactement, Laure Dechavanne, faisait savoir au maire de Groix que le parking allait devenir payant dès le début 2021 pour reculer la fréquentation et pour pousser les touristes à avoir recours aux parkings du centre-ville, sous-utilisés, malgré des tarifs attractifs. 

L’opposition lève le lièvre, la majorité prend peur

Du côté de la mairie de Groix, pas de prise de position. Et pour cause. Lors du dernier conseil municipal, le 15 décembre dernier, Dominique Yvon s’est expliqué sur son silence: « Quand j’ai lu dans les journaux vos prises de position, je me suis dit, ils sont fous, ils vont pousser la mairie de Lorient à faire payer le stationnement. » En clair, la doctrine de la poussière cachée sous le tapis était toujours en vigueur. Pour la majorité municipale, mieux valait ne rien dire, ne rien anticiper alors que partout ailleurs ce type de stationnement est payant, laissant penser que la question finirait bien un jour ou l’autre se poser ici, au risque de laisser les « salariés pendulaires » se débrouiller avec leur problème. Au cours de ce même conseil, une polémique vigoureuse a suivi entre la majorité et l’opposition (lire le compte rendu), la majorité reprochant – à tort –  à l’opposition d’avoir précipité une décision de la municipalité de Lorient que tout le monde savait inévitable et d’avoir rompu le statu quo.

L’urgence est donc là et bien là. Plus question de se dérober. Pour les habitants de l’île, l’usage de ce parking est essentiel pour assurer une forme de continuité territoriale entre leur île et le continent. Ce parking est essentiel à leur vie quotidienne, tout comme il est essentiel aux familles des anciens auxquels enfants ou petits enfants viennent rendre visite. Il est essentiel à ceux qui ont un besoin fréquent de se rendre sur le continent au-delà du centre ville de Lorient et pour qui une voiture est indispensable. Face à la réduction drastique des places de voitures sur les bateaux, le Breizh Nevez en particulier, beaucoup préfèrent laisser un véhicule à disposition sur le parking plutôt que de passer leur voiture. 

Gratuité pour les insulaires et les pendulaires

Bref, il faut que les usagers, les élus de Groix, ceux de la majorité comme ceux de l’opposition qui ont soulevé le problème, ceux de Lorient et de l’Agglomération et les responsables de la Chambre de commerce se mettent autour d’une table et trouvent des solutions pour qu’une forme de gratuité soit maintenue pour tous ces usagers-là. Que ce soit sous forme de laisser-passer ou sous forme de couplage avec le billet de bateau, etc., tout est à inventer en fonction du type d’usager. Groix change, et changera encore en accueillant chaque été plus de vacanciers. Mais Groix s’enorgueillit de développer une activité économique en dehors de l’activité touristique. Permettre aux acteurs de l’économie d’accomplir leurs tâches, minimiser le coût de la vie et du travail insulaire déjà lourdement impactés par le prix du transport des marchandises et insérer la question du stationnement dans une politique bien conçue du transport de l’Agglomération, voilà ce dont les participants à la table ronde « parking » auront à débattre. À suivre…

Auteurs : Victor Da Silva, Jean-Claude Jaillette

Éoliennes en images, épisode 3 : courbure terrestre et horizon

            13 décembre 2020 par Étienne Durup

Dans l’épisode 2, nous nous sommes arrêtés sur la constatation frustrante suivante : malgré l’apport incontestable d’un schéma comparatif à la même échelle de différents objets connus, l’opinion que j’essaie de me faire sur le projet d’éoliennes, et notamment la question de leur visibilité nécessite un peu de travail supplémentaire.

Plusieurs facteurs peuvent intervenir sur la vision que l’on a d’un objet dans la nature. Si on laisse de côté la qualité de la vision de la personne qui observe, on peut citer en particulier :

  1. la taille de l’objet (élément discuté dans notre épisode précédent, mais nous y reviendrons) ;
  2. la distance à laquelle il se trouve ;
  3. la luminosité et les contrastes de couleur ;
  4. les caractéristiques de l’atmosphère ;
  5. les obstacles.

Aujourd’hui, nous allons parler de la combinaison des points 2 et 5.

Pour commencer, nous écartons de la discussion les obstacles naturels ou non que peuvent constituer par exemple les navires ou les terres émergées en milieu marin. Nous considérons qu’aucun bateau ne vient s’interposer entre nous et l’objectif, ni aucune terre émergée et on suppose, par conséquent, qu’on n’est pas allé lâchement se fourrer de l’autre côté de l’île, quelque part entre les grands sables et le fort du Grognon.

Alors pourquoi diable, sommes-nous en train de parler d’obstacle ?

Eh bien tout simplement parce que la terre est “ronde” (il vaudrait mieux dire “sphérique” et ce serait encore faux vu qu’elle est légèrement aplatie aux pôles) ; de ce fait, à partir d’un certain moment elle constitue elle-même l’obstacle. Expliquons cela par un schéma.

Si un objet est suffisamment loin de la personne qui l’observe, la partie basse disparaît peu à peu sous la ligne d’horizon au fur et à mesure que la distance augmente entre les deux.

Bien entendu les tailles du petit bonhomme et de la tour Eiffel sont exagérées sur ce schéma, mais il est facile de faire le calcul de la ligne d’horizon théorique d’une personne située à une hauteur donnée, dès lors qu’on connaît la taille de la personne et l’altitude à laquelle elle se trouve.

Le schéma(1) donne une formule de calcul approximative mais suffisante pour notre propos(2).

J’invite les élèves de 4e à réviser ici leur théorème de Pythagore. Ils pourront faire le calcul eux-mêmes sachant que le rayon de la terre est en moyenne de 6 371 km (eh oui, je l’ai déjà dit plus haut, la terre n’est pas parfaitement sphérique). Il devrait trouver un coefficient multiplicateur d’environ 12,74 ce qui n’est en effet pas très loin de 13 lorsqu’on sait toutes les approximations que nous pouvons nous permettre dans ces calculs (voir les prochains épisodes).

À partir de là, il devient facile de calculer la distance de l’horizon dans différentes situations. Le tableau ci-dessous en donne quelques exemples.

Hauteur des yeux (en m)Distance horizon (en km)
1,74,7
11,712,3
21,716,8
4022,8
30062,4
Distance à laquelle se situe l’horizon pour un observateur dont les yeux se trouvent à une altitude donnée ; les trois premières lignes correspondent respectivement à une personne d’environ 1,80 m située au niveau de la mer, à 10 m et 20 m d’altitude.

Mais que devient notre tour Eiffel dans tout ça (en admettant qu’elle flotte sur l’eau) ? À partir de quel moment son extrémité passe-t-elle sous la ligne d’horizon du petit bonhomme (c’est peut-être une petite bonne femme d’ailleurs…).

Pour le savoir il suffit de lui appliquer la même méthode en calculant tout simplement la distance à la ligne d’horizon de son sommet. Faisons simple et disons qu’elle mesure 300 m. La ligne d’horizon de quelqu’un observant depuis son sommet serait donc située à environ 62 km.

Elle serait donc sous l’horizon d’une personne dont les yeux seraient à 40 m d’altitude, si cette personne était située à environ 62 + 23 km, soit environ 85 km de distance (à ce stade les centaines de mètres n’ont plus de sens).

Si elle était plus proche, la personne l’observant de loin en verrait-elle un bout qui dépasse ?

Et si elle était plus loin, est-il certain qu’on ne la verrait pas dépasser ?

Et pour nos éoliennes ?

La réponse à ces trois questions est une autre histoire, que nous aborderons dans les prochains épisodes.

Éoliennes en images, épisode 2 : les échelles comparatives

Une échelle comparative a pour objet d’aider notre esprit à améliorer la représentation qu’il a des dimensions d’un objet inconnu ou dont la dimension donnée ne représente pas grand chose pour nous. L’idée est de comparer cet objet à un autre qui, lui, nous est bien connu et surtout en rapport avec notre vécu, notre expérience personnelle.

Il y a deux conditions pour que la comparaison proposée soit pertinente dans un contexte donné. La première est que les éléments de comparaison fournis soient connus et qu’ils aient un sens pour nous. Nous aborderons la seconde condition un peu plus tard.

Quand la comparaison n’est pas directe mais implique une répétition et donc un nombre, cette condition de connu n’est pas toujours suffisante. Il faut aussi que le facteur multiplicateur ait un sens pour nous. Si on vous dit combien il faudrait empiler de feuilles de papier à cigarette pour obtenir une pile aussi haute que la distance de la terre à la lune, ça ne vous aidera pas beaucoup à appréhender cette distance, même si vous avez déjà vu une feuille de papier à cigarette.

assiette et cuiller

Dînette ? Assiette et cuiller à dessert (ou même petite cuiller) ? Ou bien grande assiette et cuiller à soupe ?
Si l’on regarde la photo ci-contre, sans connaître l’un des éléments qui la compose, il est difficile de se faire une idée de leurs dimensions exactes.

assiette, cuiller et pièce de 1 euro

En revanche, si l’on montre à côté un objet connu, ici une pièce de 1 euro, alors il est possible d’avoir une représentation mentale approximative des dimensions des objets. Cependant, il manque le vécu, on ne pose pas une pièce de un euros à côté de son assiette tous les midis et ça nous demande un effort de raisonnement supplémentaire pour ajuster notre point de vue.

assiette, cuiller et tasse à espresso

Mais si on pose un objet qui non seulement nous est connu mais fait partie d’une scène déjà vécue, et dont la dimension se rapproche de celle des autres objets, alors là l’intuition est immédiate. Si on vous dit que la tasse posée ici est une tasse à espresso alors le reste apparaît d’emblée comme étant une sous-tasse à café et une cuiller à espresso (plus petite qu’une cuiller à café).

Mais revenons à nos moutons et à notre image comparative d’éolienne.

Dessin sur quadrillage (un carreau = 100 m) de la tour Eiffel (324 m), d'une éolienne (260 m avec une pale à la verticale), du bateau Breizh Nevez (16 m de haut) et du phare de Pen Men perché sur sa falaise à Groix (64 m en tout, falaise + phare).
Dessin à l’échelle, comparant une éolienne de 260 m (avec une des ses pales à la verticale) et quelques monuments connus

Ce schéma, réalisé par le collectif « HORIZON GROISILLON », a le mérite de nous donner une représentation de la taille des éoliennes dont il est question, pour ceux qui connaissent la tour Eiffel et surtout, pour les Groisillons qui connaissent bien leur phare. Tel que c’est dessiné on peut dire qu’en gros elle est représentée à moins de 300 m de la côte et, sûr et certain, à voir ceci, nous n’aimerions vraiment pas la voir à cette distance.

Cependant, telle n’est pas la question puisque ce n’est pas le projet. Et tel n’était pas non plus le propos de l’auteur de cette comparaison. La question est alors : qu’apporte cette image effrayante à l’opinion que j’essaie de me faire sur le projet d’éoliennes ? Eh bien, à la vérité, pas grand chose sans un peu de travail supplémentaire. Ce sera l’objet des prochains articles.

Horizon groisillon

Une association est née à Groix qui a pour objet de mobiliser les Groisillons au sujet du projet d’éoliennes et du débat public auquel il est soumis.
Elle recueille par pétition(1) leur signature pour demander :
• « Que le parc éolien soit installé le plus loin possible de la côte sauvage
• « Qu’une réflexion spécifique sur la taille pharaonique du projet soit menée »

Cette association a rédigé un cahier d’acteur dans le cadre de la consultation organisée par la CNDP (Commission nationale du débat public). L’ensemble des cahiers d’acteurs sont disponibles en ligne sur la page cahiers d’acteurs de la consultation. Il en existe 18 à ce jour.
On peut lire avec intérêt le cahier d’acteur de l’association Horizon groisillon.

(1) https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/aux-eoliennes-visibles-groix/110634

Éoliennes en images, épisode 1 : de quoi s’agit-il ?

Dans le dossier du projet d’éoliennes qui nous agite et nous interroge actuellement, les images ont la part belle. On se rappelle tous le fameux slogan de Paris Match qui a fait fureur pendant longtemps :

Le poids des mots, le choc des photos

[Slogan inventé par Jean Cau]

Le problème du choc, voire de l’électrochoc, c’est qu’il ne fait pas appel à la raison mais aux tripes. La réaction viscérale remplace la dialectique et l’impression prend le pas sur l’analyse des faits. C’est vrai de certaines photos, mais aussi des images et des graphiques.

Depuis le début du débat sur le projet d’éoliennes au large de Groix et Belle-Île, on a vu fleurir moult illustrations, des plus sérieuses aux plus fantaisistes, mais jamais soumises à la nécessaire mise en perspective du sens qu’on peut en tirer et de leur apport réel au débat. Notez, par ailleurs, que si j’ai bien une opinion sur ce projet d’éoliennes, mon propos n’est pas d’en débattre dans cette série de courts articles, il est uniquement d’essayer de faire le point sur ce que ces illustrations nous apportent.

Et pour commencer, place à quelques illustrations glanées ça et là.

Image de la pétition « Non aux éoliennes visibles depuis Groix »
Échelle comparative de hauteurs – Source : Horizon GroisillonInvisibles les éoliennes ?

Ces images sont censées éclairer notre jugement ; il y en a d’autres mais celles-ci constituent un ensemble suffisant pour illustrer mon propos. Nous commencerons par le schéma, dans le prochain article.

Crédit photographique : Ragnar1904 (Wikimedia Commons)

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